Pépé Cadum, ou trois résistant de la première heure dans la vallée de la Haute Moselle

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Pépé Cadum, ou trois résistant de la première heure dans la vallée de la Haute Moselle

Message par yves philippe le Lun 10 Avr 2017 - 13:20

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Re: Pépé Cadum, ou trois résistant de la première heure dans la vallée de la Haute Moselle

Message par yves philippe le Lun 10 Avr 2017 - 13:40

***  PREFACE  ***






        - Fils de maquisard, lequel était également l’Adjoint du Commandant Gonand, responsable du 4ème groupement de maquis des Vosges.
- Résistant moi-même et agent de liaison de Lucien Gonand, je pense avoir une vision objective de la résistance au cours de la dernière guerre mondiale.

Au gré de mes pérégrinations j’ai eu l’occasion de côtoyer d’autres gens qui avaient la même vision que nous du patriotisme, mais qui ne constituaient qu’une petite minorité dans la population.

C’est sans aucune gêne que je peux affirmer qu'au Ménil 88160, la famille d’Henri Philippe était de ceux là.

A cette époque-là, j’ai eu plusieurs contacts avec cette famille, à chaque fois liés à la résistance, avec Lucien Gonand, ou Louis Dreyfus, (alias Prosper), qui commandait le secteur de la  Haute Moselle (88).

Dans cette ferme du Xerbenage, lieu dit “Les Granges”, j’y ai même trouvé refuge avec mon frère Marcel alors que nous étions recherchés par la Gestapo depuis le 06 Octobre 1943.

L’engagement total des résistants de la 1ère heure était plus qu’une conviction sur l’avenir du pays, plus qu’un investissement personnel dans des actes risqués, c’était un abandon de soi pour la patrie.

Nous savions très bien ce que nous risquions, la mort, tout simplement, et pas la plus belle.
                                                                                                Charles LOUIS (*)
(*) Plus connu  localement sous l’appellation « Coco Camille Odile» )

                               *  *  * *  *  *
Monsieur Charles LOUIS,  dit "Coco" ( ou Coco Camile Odile pour les anciens du Ménil)

s'en est allé le Dimanche 23 Décembre 2012, au Thillot, à l'âge de 96 ans.

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Re: Pépé Cadum, ou trois résistant de la première heure dans la vallée de la Haute Moselle

Message par yves philippe le Lun 10 Avr 2017 - 13:47

*** PREAMBULE ***

( 1er mot de l’auteur)



Rien ne me destinait à écrire cet ouvrage.

J’ai vécu toute ma jeunesse au Ménil, ( 88160), dans la ferme familiale sise au Pont Charreau, au sein d’une fratrie de sept enfants.
Comme mes frères et ma sœur, j’ai été élevé simplement.
L’école primaire au Ménil, le collège au THILLOT et le boulot à l’usine. Puis ce fut le service militaire en Juin 1984.
Le premier train, la première séparation d’avec les miens et mon village. J’ai rempilé, j’ai trimbalé mon képi à travers la France et les DOM TOM.

Au gré des mutations, je me suis rapproché de mes racines et c’est de mon appartement, à la Gendarmerie de RUPT SUR MOSELLE 88360, que
j’écris ces lignes.

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Au premier plan, l'usine du Pont Charreau, située à 1 Km du centre du village.
Dans l'encadrement, les 3 fermes du Xerbenage, là où toute cette histoire se passe.


Le Ménil est le berceau de ma famille, ( du côté des PHILIPPE comme on dit chez nous), depuis au moins sept générations ; ( PHILIPPE Jean Joseph 1755 / 1803).

Quelques branches de l’arbre généalogique, que ma tante “Yeyette”, (Henriette), une des sœurs de mon père, a fait en 1999, s’y développent encore, constituant pour l’instant la huitième génération au moins, et c’est très bien.

Le Ménil sera donc, dans ce livre, l’épicentre du séisme et de ses répliques aussi dramatiques qui ont touché ma famille paternelle durant 50 ans.

Non, rien ne me destinait à écrire cet ouvrage, si ce n’est une allusion faite par ma tante, « Yeyette », l’année dernière et le décès en Avril 2006 de Michel , un des frères de mon père.

Je ne connaissais jusque là que les grandes lignes du passé douloureux de ma famille, survenu à l’occasion des guerres 1914/1918 et 1939 / 1945.

Je ne peux pas dire que ça ne m’intéressait pas, bien au contraire, mais je savais combien il leur était difficile d’en parler, alors je n’osais pas me montrer trop curieux sur cette période-là.

Par pudeur, par respect, je ne faisais juste que les écouter.

Par ailleurs ma passion pour les cartes postales anciennes, ( toujours relatives au Ménil bien sûr ), m’a obligé à constater que dans ce monde moderne, le savoir ancestral ne se transmet plus vraiment. Cela est simplement dû à la mobilité des gens qui ne restent plus cantonnés à un village. Alors les racines deviennent de plus en plus fragiles, puis elles finissent par disparaître.

Le départ trop rapide de l’oncle Michel fut pour moi comme un électrochoc, tant je croyais mes oncles et tantes immortels. Ils sont tous si forts !

Mon grand père Henri PHILIPPE, dont je parle plus haut a eu sept enfants. Ces derniers ont aujourd’hui entre 65 et 80 ans, alors je me suis dit qu’il était urgent de connaître et de relater, leur vie , sous la botte de l’occupant.

Parce que ce pan tragique d’une période de leur existence risquait de disparaître et parce que cette période est tout sauf de la fiction, j’ai pris mon courage à deux doigts et ai décidé de taper ces lignes pour immortaliser leurs témoignages poignants.

Je n’ai rien inventé, je n’ai rien embelli ou noirci, j’ai simplement replacé les faits dans le contexte de l’époque et ai tenu à vous communiquer le plus fidèlement possible, leurs dires, leurs émotions, leurs ressentiments.


Chaque phrase est donc identifiée, avec l’accord de celle ou celui qui me l'a dite, par la parenthèse suivante : ( Souvenirs de ……X…..). Elle est inscrite en italiques Il peut s’agir de leurs souvenirs personnels, de faits ou dires qui leur ont été rapportés.

Le reste m’appartient, il reflète simplement ce que je sais sur cette histoire-là ou ce que je ressens.

Initialement, j'avais fait un tirage à 50 exemplaires de ce recueil, sous forme de brochure. Ils étaient destinés simplement à ma famille, et quelques proches, afin de sauvegarder cette mémoire si difficile à raconter.

Par la suite, les échos extérieurs qui m'ont été rapportés et l'avis de personnes éclairées m'ont permis de penser que ce recueil méritait probablement plus que ce discret tirage.

Par ailleurs, quelques anecdotes, revenues à l'esprit de mes oncles et tantes, à l'occasion d'une réunion de famille chez mes parents, et quelques petites rectifications à faire m'ont poussé à ré-ouvrir le “dossier” et finaliser ce petit ouvrage.


* * * * * *

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Message par yves philippe le Lun 10 Avr 2017 - 13:54

I


*** INTRODUCTION ***


«Notre papa Bénoni, en tapotant un œuf dur sur l’angle de la porte de la cuisine, se tourne vers sa femme et ses quatre fils et dit : 
«  Vous vous rappellerez que c’est aujourd’hui, 1er Août 1914, que je suis parti à la guerre. »

La phrase relatée ci dessus nous est retransmise telle quelle à l’occasion d’une fête de famille, laquelle se déroulait au Xerbenage, lieu-dit se trouvant aux « Granges », sur les hauteurs de la commune du Ménil 88160, le 1er Août 1987.

Notre interlocuteur n’est autre que mon grand père paternel, Henri PHILIPPE, né le 12 Avril 1905 au Ménil (88160).

Par ses paroles, il rendait donc hommage, plus de soixante dix ans après, à son propre père, donc à notre grand-père, voire arrière grand père ou arrière arrière grand-père pour les plus jeunes d'entre nous.

                    *  *  *  *  *  *

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Le Xerbenage, berceau de la famille PHILIPPE, avec à droite la ferme appelée “Chez Le Bon”, au centre la ferme familiale et à gauche la ruine de “Chez Coleille”

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Message par yves philippe le Lun 10 Avr 2017 - 13:58

II

*** PREMIER CATACLYSME ***


Comme souvent, l’hiver est dur dans cette haute contrée du paysage Vosgien.

Un homme, venant du village de Bussang, brave le froid et la neige pour se rendre à quelques kilomètres, par la forêt, à la ferme de Bénoni PHILIPPE sise au lieu-dit « le Xerbenage », dans la vallée “des Granges” au Ménil ( 88160).

Nous sommes aux environs du 05 janvier 1915.

Arrivé à destination, l’homme frappe à une porte, entre dans l’habitation et prononce probablement ces mots:
“ Mme PHILIPPE, il faudrait venir reconnaître le corps de votre mari à l’hôpital de Bussang”.
L’annonce tombe comme un couperet.

Cette femme se nomme Justine LAHEURTE, elle est née  à FRESSE /Mlle le 07 septembre 1876,
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Bénoni PHILIPPE lors de ses quatre années d'armée (celui là même qui me sert d'avatar)

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Message par yves philippe le Lun 10 Avr 2017 - 14:03

elle épouse, le 29 juin 1901,  Bénoni PHILIPPE, avec qui elle aura cinq enfants.

Justine LAHEURTE et Bénoni PHILIPPE ne sont autres que mes arrières grands-parents paternels.

Justine LAHEURTE part donc à BUSSANG, où elle identifie son homme qu’elle ramène au domicile conjugal le jour même, à l’aide d’un traîneau et le concours d’un nommé ARNOULD, marchand de vin à Bussang.
C’est  entourée de ses quatre gamins, Lucien 12 ans , Henri 10 ans, Marcel, 9 ans et Albert 8 ans, qu’elle veillera sur son défunt mari.

     Sa maison se trouve à 4 kilomètres du centre du Ménil, à  plus de 800 mètres d’altitude.

Dans les derniers jours de Décembre 1914, Bénoni PHILIPPE est au front, à l’Artmanswillerkopf, en Alsace, avec un Bussenet nommé GAIDOT.
Alors qu’ils combattent l’assaillant, ils sont ensevelis vivants dans une tranchée par l’explosion d’une bombe.

Gravement blessé, Bénoni est conduit à l'hôpital de Bussang où il décède début janvier 1915 à l’âge de 41 ans.

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Bénoni PHILIPPE, avec ses conscrits de la classe 1893 au Ménil 88160,

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Message par yves philippe le Lun 10 Avr 2017 - 14:05

La proximité du front et l’hémorragie permanente dans les effectifs ont obligé les instances civiles et militaires à réquisitionner tous les hommes pour les combats.

Dans le secteur de la colline des Granges, comme partout dans les autres villages, seuls les hommes âgés, les femmes et les gosses composent encore la population.

C’est dans ce contexte dramatique et glacial que Justine LAHEURTE doit faire face à l’adversité, tant bien que mal et compte tenu des circonstances, plutôt mal que bien.
L’hiver se lasse et l’année 1915 arrive à son terme.
Inconsolable, Justine LAHEURTE ne parvient pas à surmonter sa peine.
La place laissée par Bénoni, surnommé « Le Brave Homme », par les gens qui le connaissaient, est trop immense pour être comblée.
Dès 1916, elle commence à perdre la tête et n’est plus en mesure de gérer correctement la ferme et sa famille.

Tenir une ferme, c’est déjà si dur pour un homme, alors pour une femme seule avec quatre petits enfants……. .

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Extrait du livret militaire de Bénoni Philippe

* * * * * *

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Message par yves philippe le Lun 10 Avr 2017 - 14:09

III

*** TERRE DE DÉSOLATION ***



Orphelins de père, livrés à eux- mêmes suite aux défaillances de leur mère, les quatre gamins s’organisent on ne sait comment pour survivre.

Ils deviennent la proie facile de gens mal intentionnés.
“ Accusé à tort du vol d’une montre par une habitante du secteur, Henri lui demandera un jour de manière espiègle «  Quelle heure est il? »  alors que la dame en question affiche à nouveau à son poignet la montre qu’elle avait déjà retrouvée. 

 Des gens, intéressés par l’achat de la ferme et de ses terres, connaissant l’état de fragilité psychologique de Justine LAHEURTE, n’hésitaient pas à venir la nuit pour donner des grands coups sourds dans la charpente. Ils espéraient ainsi que la veuve quitterait les lieux avec ses gosses sans demander son reste.

Par instinct, Justine rassemblait ses quatre gamins dans ses bras et attendait terrorisée que les bruits cessent.”----------( Souvenirs d'Henri relatés par son fils François).

Perturbée par des voix qui se manifestaient à elle, Justine commettait des actes incompréhensibles par ses gosses.
Sans prévenir et quand bon lui semblait, elle se saisissait par exemple d’un seau d’eau et le jetait sur le feu du fourneau, lequel parvenait à peine à chauffer la maison.
“ Là- haut, ils ont dit qu’il ne fallait pas faire de feu “ criait-elle alors en montrant du doigt le plafond. ------------------------( Souvenirs de Yeyette).

Ayant décidé que la maigre pension de veuvage qu’elle touchait n’était pas saine, elle allait la porter au curé du village.
“ On ne peut pas utiliser l’argent qu’on a gagné sans travailler”  disait-elle.-------------------- -----------------------------------( Souvenirs de Yeyette).

Traînant le petit Albert par le bras, il lui arrivait de quitter la ferme sans raison pour se rendre chez sa mère à Fresse Sur Moselle à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit.
Il arrivait aussi qu’elle fasse preuve de violence en brisant le peu de ménage qu’elle possédait encore.
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Mon Grand père, Henri PHILIPPE, à gauche, et ses frères Lucien ( debout) et Marcel ( assis), vers 1912. Albert, le plus jeune est absent.

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Message par yves philippe le Lun 10 Avr 2017 - 14:09

Par intermittence, Justine est lucide, aussi lui arrive-t-il encore de traire ses bêtes et de faire la soupe, toutefois, dans ses crises, il lui arrive également de jeter volontairement le lait par terre.
“On ramassait l’écume du lait comme ça, à même le sol en l’épongeant avec un morceau de pain” s’était confié Henri.
Des dettes apparurent, à tel point que sur décision de justice, les gamins durent s’engager à travailler dans les fermes des environs pour rembourser.

Un tuteur leur fut imposé.

Conscients de leur état de pauvreté, mais ayant gardé encore un peu de fierté, les gamins s’arrangeaient pour ne pas travailler trois jours de suite dans la même ferme afin de ne pas laisser croire à leurs hôtes qu’ils étaient à leur charge.
Ils prétextaient un travail à faire chez eux le lendemain et savaient que ce jour-là, ce serait probablement un jour de disette.

Si leur grande sœur Léa , née le 15 septembre 1901 ne s’était pas éteinte à l’âge de trois mois, peut-être aurait-elle pu leur servir de mère par procuration puisqu’elle aurait eu alors 14 ans, mais le sort en avait décidé autrement.

* * * * * *


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Message par yves philippe le Lun 10 Avr 2017 - 14:11

IV

*** LE CALME AVANT LA TEMPETE ***




Heureusement que les quatre garçons de Bénoni et Justine PHILIPPE sont de solide constitution, malgré les privations.

Ils parviennent à passer les années de guerre, à la petite semaine. Peu à peu, en grandissant ce sont eux qui s’occupent de leur mère.

“On réparait nos chaussures avec des fils de fer, nos habits n’étaient que du « rapiéçage” ------------------------ ( Souvenirs d’Henri PHILIPPE).

Néanmoins, la fratrie tient bon et les années se succèdent. Henri passe le conseil de révision. Il est incorporé à l’armée en 1926.
 Peu instruit, mais intelligent, il accède au grade de Maréchal des Logis au sein du 403 ème Régiment d’Artillerie.

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Henri PHILIPPE au service militaire .

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Message par yves philippe le Lun 10 Avr 2017 - 14:14

“ A l’armée, je n’avais jamais aussi bien mangé de ma vie. Mon assiette était toujours vide” avait-il confié.

Cela fut confirmé par les gens de sa connaissance qui avaient remarqué son embonpoint .

A l’armée, ses collègues de régiment le surnommaient d’ailleurs « bébé Cadum » en raison de son embonpoint.

Peu avant son service militaire, ou peut-être à l’occasion de « permissions agricoles », Henri fait la connaissance d’une jeune fille du Ménil, demeurant également aux Granges, nommée Jeanne François, de trois ans sa cadette.

Bien décidé à rester à l’armée, où il se plaisait et dont il voulait faire son métier, Henri fait part de ses intentions à son beau père, Henri FRANCOIS, surnommé « Henri d’Jean Colas » .

Ce dernier, voyant probablement d’un mauvais œil le fait qu’une de ses filles parte je ne sais où pour suivre un militaire, balaie la décision d’Henri et l’incite à reprendre la ferme PHILIPPE.

Il est utile de préciser qu’Henri et Jeanne s’étaient enlacés d’assez près pour qu’il ne leur soit plus possible de le cacher.
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Henri PHILIPPE à Jeanne FRANCOIS
Loin des yeux, près du cœur.

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Message par yves philippe le Lun 10 Avr 2017 - 14:18

Probablement que cet état de fait n’a pas permis au jeune homme de tenir tête à son futur beau père.

Henri, ( dit Henri Bénoni), reprend donc la ferme à l’issue de son service militaire, au début de l’année 1927 et exploite les 28 hectares attenants.

Son grand frère Lucien vient de se marier au mois de février à Marthe VALDENAIRE, et un de ses frères, Marcel est incorporé à l’armée.

Le benjamin, Albert, profite probablement du rapprochement des familles FRANCOIS et PHILIPPE pour s’attendrir auprès d’Angèle, une des petites sœurs de Jeanne.
“ Ce sera avec plaisir qu’Henri verra partir ses frères au service militaire, ainsi il savait qu’enfin ils mangeraient eux aussi à leur faim”.------( Souvenirs de François).

Très habile de ses mains, Henri met à profit ses talents et son inépuisable ardeur pour donner de l’élan à son exploitation agricole.
Sa mère, Justine, maintenant âgée de 50 ans, demeure à sa charge.

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Mes Grands-parents.

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Message par yves philippe le Lun 10 Avr 2017 - 14:21

Henri se marie avec Jeanne FRANCOIS le 26Avril 1927.

Aidé par des gens du secteur, dont Alix du Coucou ( Alix Chevrier), il imagine et entame
d’importants travaux hydrauliques en 1933.
Détournant une partie des eaux provenant du secteur du “Peu-Haut” qui alimentaient sa ferme, il enterre une centaine de mètres de tuyaux, qui projettent cette eau trente mètres plus bas, laquelle fait tourner une turbine.
Cette turbine avait été fabriquée par l'entreprise DUCHENE de FRESSE Sur Moselle. Elle est donc installée au fond du pré, sous un abri.

Ainsi, vers 1935, sa ferme est dotée de l'électricité 110 Volts (*). (Imaginez un instant ce que pouvait être la vie dans une ferme isolée avant l’électricité).

Pour une bonne compréhension des faits à venir, il me paraît important de vous préciser tout de suite que la propriété de mes grands-parents, au Xerbenage, comprenait trois fermes placées en enfilade.
La première était appelée “Chez Le Bon”, la seconde était celle où ils habitaient et la troisième était appelée “ Chez Coleille”.

En 1935, le couple a déjà quatre enfants: Raymond né en 1927, Paulette en 1928, Michel en 1930 et Gilbert en 1932.
Henriette ( dite Yeyette) viendra au monde à la fin de l’année 1935.

Des machines-outils sont adaptées ou achetées et installées “Chez Le Bon”.
Avec celles-ci, mon grand père, qui savait tout faire, entame la restauration de la ferme où il habitait.

Très tôt, les enfants sont mis à contribution pour accomplir les travaux agricoles.
N’ayant jamais connu la facilité, Henri PHILIPPE est très dur avec lui-même et avec ses enfants.

“En grandissant, j’allais de moins en moins à l’école et travaillais de plus en plus.
A l’âge de 12 ans, j’avais fauché assez d’herbe pour alimenter une vache tout l’hiver” ( Ce qui correspond à environ un hectare en superficie).
“A 14 ans, je fauchais à la faux avec les hommes. Et il fallait les suivre.
Et quand la journée s’achevait, le travail n’était pas fini pour autant”.---------------------------( Souvenirs de Raymond).

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Jeanne FRANCOIS vers 1935 avec ses quatre premiers enfants


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Message par yves philippe le Lun 10 Avr 2017 - 14:23

V

*** LA TERRE TREMBLE A NOUVEAU ***

(De Septembre 1939 à Avril 1943)




En Septembre 1939, lorsque la guerre se déclare, Jeanne FRANCOIS est enceinte de son sixième enfant et de sa troisième fille, Régine, surnommée « Chouchou » .La fratrie a alors entre 4 et12 ans.

Henri reçoit sa feuille de mobilisation. Il se retrouve à quelque chose près dans la même situation que son propre père, mais contrairement à Bénoni, les instances militaires prennent en compte la situation familiale. Il est démobilisé quelques jours plus tard et revient à la ferme au grand soulagement de Jeanne et des enfants.

Très vite mise en déroute, l’armée française ne se replie pas, elle s’éparpille, désorientée par la puissance et l’avancée rapide de l’armée ennemie.
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La famille d'Henri PHILIPPE à l'été 1942,

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Re: Pépé Cadum, ou trois résistant de la première heure dans la vallée de la Haute Moselle

Message par yves philippe le Lun 10 Avr 2017 - 14:26

“ En 1939, alors que j’étais à l’école, j’ai vu passer au Ménil, des gens qui venaient du département de la Moselle. Ils descendaient vers le Thillot.
C’étaient des paysans, avec des attelages et des carrioles. Ils vivaient sous les bâches qui recouvraient ce qu’ils avaient pu emporter.
Ils fuyaient l’armée Allemande et allaient vers l’intérieur. 

Je ne pensais pas qu’en 1940, je verrais passer à la même place les « Panzers » allemands, mais dans l’autre sens.

La débâcle de l'armée Française, c'était début Juin 40, quelques jours avant l'appel du Général De Gaulle.
En ce qui concerne l’armée française, il y avait des soldats partout. Ils erraient dans la forêt, vivaient de je ne sais quoi. Ils n’avaient plus de commandement, certains se réfugiaient dans les fermes, c’est comme ça que nous avons recueilli Marcel GIBERT”. ---------( Souvenirs de Raymond).

“ Lors de sa déroute, l’armée Française avait abandonné ça et là une bonne partie de son matériel. Les soldats erraient. Les chevaux traînaient partout. Les paysans récupéraient les bêtes et les utilisaient pour les travaux.
Il fallait les déclarer en mairie parce que les chevaux étaient répertoriés.
Puis un jour on recevait une circulaire nous ordonnant de les restituer.
On se retrouvait alors aussi pauvre qu’avant”.---------------------- ( Souvenir de Gilbert).
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Mon Grand père, “Papa-Bon” , comme on l'appelait.
Au-dessus du courage.

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Re: Pépé Cadum, ou trois résistant de la première heure dans la vallée de la Haute Moselle

Message par yves philippe le Lun 10 Avr 2017 - 14:28

L’appel à la résistance, lancé depuis la radio de Londres par le Général DE GAULLE le 18 Juin 1940, réveille les instincts patriotes.

Henri PHILIPPE n’avait pas attendu ce grand jour pour aider sa patrie. En plein accord avec son épouse, il héberge déjà clandestinement un soldat Français.

“C’était un réfugié de l’armée de 40 comme on disait.
Il s’appelait Marcel GIBERT, il était boucher et était originaire de St Etienne dans la Loire.
Il fit office de commis de ferme, deux ou trois mois chez nous.
Il lui arrivait d’aller tuer des bêtes dans les fermes du secteur, c’était son métier”------------(Souvenirs de Gilbert) .

“ C’est Marcel GIBERT qui m’a trouvé mon surnom. J’avais deux ans et comme j’avais les cheveux bouclés, il m’appelait son petit chou frisé. C’est comme ça qu’on m’a appelée Chouchou et ça m’a resté”. --------------------( Souvenirs de Régine)

“Un jour il a tué un mulet de l’armée de 40 qu’on avait trouvé.
On en a fait du saucisson. Il y avait des saucissons pendus un peu partout dans la ferme”.--------------------------( Souvenirs de Gilbert).

“C’était bien avant 1943, un dimanche, alors que maman était allée à la messe, elle a été abordée pendant l’office par une femme du village qui lui a demandé s’il n’y avait pas des soldats cachés aux Granges. Elle insistait !.
Maman a fait l’ignorante, répondant que si c'était vrai , elle l'aurait sûrement su.
Quelque jours plus tard, ton grand père est venu voir maman qui était dans le jardin. Elle lui a raconté l’histoire là.
Henri Philippe lui a répondu en patois:
« Wet qué lé sé djo lé garce’lo! ». Traduction: «  Tu vois qu’elle le sait déjà la garce-là ! »

Cette femme venait aux Granges avec des gosses , elle faisait semblant de cueillir des framboises ou des brimbelles, en vérité elle venait repérer ce qu’il se passait”. ----------------------------
------------------( Souvenirs de Marcelle David).

“Un jour, un voisin me demande: « Vous l’avez toujours votre soldat? » En confiance je lui réponds que oui.
Quelques jours plus tard, on avait la Gestapo à la maison” -----------------( Souvenirs de Raymond) .

“Un matin, un Officier de la gestapo est arrivé à la maison et a dit à maman Jeanne: «  Vous avez un soldat Français caché chez vous ».
Maman a envoyé un gamin en forêt chercher papa”--------------------------( Souvenirs de Paulette) .

“ Je suis parti avec le boche, il me tenait par là et n’a pas arrêté de me poser des questions.
J’avais 13 ans, il avait une tête de brute”------ -------------------------------( Souvenirs de Raymond) .

“ Mon père faisait du bois au derrière de l’Olah. Il était avec Marcel GIBERT.
L’allemand est arrivé. Il a mis un couteau sous la gorge de papa et lui a dit «  Si vous ne dites pas la vérité, votre famille « Kaputt ! » .
L’allemand a ajouté «  Vous!, conseiller municipal, n’êtes pas sans savoir qu’il est interdit de cacher des soldats réfugiés chez vous !” .---------( Souvenirs de François).

Henri PHILIPPE est contraint par l'officier de la Gestapo à conduire le fugitif l’après- midi même à la Kommandantur au THILLOT .

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Re: Pépé Cadum, ou trois résistant de la première heure dans la vallée de la Haute Moselle

Message par yves philippe le Lun 10 Avr 2017 - 14:29

“ Après le départ de l'allemand, une altercation
sérieuse a lieu entre Marcel GIBERT et papa, le premier ne voulant pas se rendre et le second étant contraint de le faire.
Un stratagème extrêmement risqué est mis au point.

L’après midi même, papa et Marcel prennent le chemin du Thillot. ( Ils s’arrangent probablement pour être vus sur une partie du chemin). Toutefois, c’est seul que papa se présente à la Kommandantur.

Interrogé toute la soirée et toute la nuit, ce n’est que le lendemain matin. Que papa est de retour à la ferme où on ne l’attendait plus”.------( Souvenirs de Raymond) .

“ Maman pensait qu’on ne le reverrait plus. 
Papa lui a raconté qu’il avait dit aux allemands que Marcel GIBERT avait simulé une envie pressante et s’était enfui sans prévenir”. --------( Souvenirs de Yeyette). 

Il ne leur avait pas menti puisque c’était le plan simple mais risqué qu’ils avaient retenu et qui a finalement marché.
Marcel GIBERT avait donc pu échapper à nouveau à l’ennemi.

Heureusement que ces faits se sont produits courant août 1940, en 1944, ça ne se serait pas passé
comme ça.

Côté pratique, profitant du calme relatif qui régnait en 1941, Henri PHILIPPE s’active à l’achèvement de la restauration de la ferme avec les artisans du village: les PESENTI, et les « Champêtre » (surnom donné à une famille CREUSOT).
La famille PHILIPPE s’agrandit à nouveau avec la naissance de François en décembre 1942.

Côté « bleu-blanc-rouge» , Henri procède à la récupération des armes et munitions qu’il trouve çà et là et qu’il dissimule dans des caches .

Sa petite aventure à la Kommandantur ne l’avait pas refroidi pour autant.

“ Il y a eu plein de gens qui sont passés par chez nous.
Au départ c’étaient les soldats de 40, puis il y a eu des réfugiés civils, puis à partir de 43, des maquisards et des gens qui voulaient rejoindre le maquis.
A ceux-ci s’ajoutaient toutes les personnes qui venaient y chercher un bout de lard ou quelques patates . 
Jusqu’en 1943, les Allemands ne tenaient juste que les administrations.

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Re: Pépé Cadum, ou trois résistant de la première heure dans la vallée de la Haute Moselle

Message par yves philippe le Lun 10 Avr 2017 - 14:29

De temps à autre, une patrouille venait dans les fermes pour recenser les biens et définir le volume et la nature de ce qu’il y avait à réquisitionner.
Après cet inventaire, on recevait un courrier de la mairie nous ordonnant d’y descendre à une date précise, une vache, une douzaine d’œufs ou bien un panier de légumes.

Ils tenaient compte de la composition de la famille .
Je me souviens que papa avait caché un petit veau au grenier pour ne pas qu'il soit recensé.
Si tu avais trois cochons, tu savais qu’il y en avait deux pour eux”.---------( Souvenirs de Gilbert).

“ Une fois papa avait été obligé de descendre le plus beau de ses bœufs à la réquisition.
Il y était allé avec Joseph VALDENAIRE, le fils de Victorin, lequel y descendait également une vache.
Arrivé à la mairie, papa en avait «gros sur la patate» de donner son bœuf.
Il s’y est fait remarquer en tapant avec un bâton sur le cul du bœuf, semant la pagaille parmi les gens et les bêtes qui s’y trouvaient.
Profitant de la confusion, il s’est éclipsé avec son bœuf et ils sont remontés tout les deux à la ferme”.---------------------- ( Souvenirs de François).

“Ça s'appelait “l'imposition”. Elle était fixée de façon un peu arbitraire par l'administration en fonction des surfaces labourables indexées au cadastre de 1823.
Suivant cette logique, le Ménil devait donc à l'occupant 185 tonnes de pommes de terre par exemple.
Après réclamation de mon père qui était à la Mairie du village, la barre a été descendue à 52 tonnes dans un premier temps, puis a été à nouveau abaissée à 38 Tonnes.
Heureusement que ces années de guerre furent providentiellement des années de patates.------------ ------------------( Remarque de Georges CHOFFEL).

“ Le temps passant, les réquisitions d’un côté, les gens hébergés de l’autre côté, il y a des jours où le repas était très limité pour nous.
On n’avait pas droit au beurre. Le beurre c’était pour les adultes.

Papa et maman étaient durs avec nous, je ne pourrais jamais faire ça à mes gosses, mais je ne leur en veux pas, ils avaient fixé des priorités.

Comme on avait été élevé à la dure, on acceptait tout. Maintenant quand j’y repense, c’était trop pour des enfants”.------( Souvenirs de Paulette).

“ On n’était pas malheureux à la ferme, on mangeait quand même, même si il y avait beaucoup de monde qui y passait et s’y restaurait.

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Re: Pépé Cadum, ou trois résistant de la première heure dans la vallée de la Haute Moselle

Message par yves philippe le Lun 10 Avr 2017 - 14:30

Jusqu’en 1943, ça allait, après, en 44, ça a été vraiment plus dur. Même des gens du village venaient chercher de la nourriture”--------( Souvenirs de Gilbert.) .

“ On faisait du pain avec de la farine de maïs. Ce pain était compact et lourd. T’en prenais une bouchée et t’avais plus faim. C’était presque immangeable.

Plus on avançait dans les années de guerre, moins il y avait de pain.
Deux patates, un petit bout de viande faisaient le repas qui ne variait guère.
On faisait du café avec du seigle ou de l’orge grillé. On trouvait ça bon, c’est sûr, on n’avait rien d’autre à se mettre sous la dent.
Il n’y avait quasiment plus de sucre. Avec les tickets d’alimentation, on avait droit à des bananes séchées.
La farine n’était délivrée que dans des sacs de neuf kilos.
Combien de fois on a fait le voyage avec un sac de neuf kilos sur le dos.

A l’époque-là, on était à pied ou en ski, on
habitait à 4 km du village et c’était pas tout plat pour remonter chez nous”. ---------( Souvenirs de Raymond).

“ Une fois, je ne sais plus comment, on avait reçu du café vert.
Maman m’a dit: « Paulette, tu feras un trou dans le jardin chez Coleille, tu cacheras comme il faut le café.
On le grillera à la libération et on fera du bon café ». Elle n’aura pas le bonheur de le faire.

Je me souviens qu’une fois, j’ai vu maman Jeanne qui était en train de cacher des bijoux dans le mur au dessus de la maison. Pas grand-chose, une montre, un collier. On n’a jamais rien retrouvé.
A chaque fois que je revois ce mur, je repense qu’il y a peut-être quelque chose dedans qui appartient à maman”.-----( Souvenirs de Paulette) .


* * * * * *

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Re: Pépé Cadum, ou trois résistant de la première heure dans la vallée de la Haute Moselle

Message par yves philippe le Lun 10 Avr 2017 - 14:32

VI

*** L’ORAGE GRONDE ***
(De mai 1943 à septembre 1944)




Mai 1943 est le détonateur de la résistance active dans les Vosges. C'est là que tout se met en route.
Quelques personnes seulement, au niveau du département sont contactées par des gens qui appartiennent à ce qui va être le gouvernement provisoire du général DE GAULLE.
Ces personnes ont pour mission de structurer la résistance dans les Vosges.

Lucien GONAND, receveur municipal à EPINAL, est un de ceux-là. Il est nommé responsable du 4ème groupement de FFI des Vosges et s’occupe tout spécialement d’une zone recouvrant toute la partie Est du département.
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Carte représentant la vallée des Granges jusqu'au lieu- dit “La Kins-muss, au Ménil 88160

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Re: Pépé Cadum, ou trois résistant de la première heure dans la vallée de la Haute Moselle

Message par yves philippe le Lun 10 Avr 2017 - 14:34

Le résistant Charles LOUIS, appelé « Coco Camille Odile », alias « Coco », fils du grand maquisard Vosgien et Guédon (*), Camille LOUIS, alias « Calo », écrit dans son livre intitulé : « Souvenirs de guerre d’un maquisard vosgien »:
« Début Mai 1943, Lucien GONAND ( alias Michel) organise le maquis sur les Hautes Vosges. Emile LUTTENBACHER (de Bussang), Camille LOUIS (du Ménil), Henri ANTOINE ( charron à Fresse sur Moselle), Pierre GRISVARD (Jardinier au Thillot) , Charles RIVAT (agriculteur au Thillot) et Henri PHILIPPE furent contactés les premiers . »

Henri PHILIPPE, mon grand-père donc, fut désigné pour localiser un premier site susceptible de recueillir un maquis et un second, à proximité, destiné à devenir une zone de parachutage nocturne.

“ Avec Henri LOUIS, un jeune homme d’une vingtaine d’années qui habitait au Ménil, (décédé en 2007), Henri ANTOINE de Fresse sur Moselle, surnommé « Charles Brice », papa a choisi une petite sapinette au lieu dit “le Peu haut”.
L’endroit se trouvait à proximité d’un chemin forestier, bien alimenté en eau potable. L’emplacement était discret et bien centré entre les communes du Ménil, du Thillot, de Fresse, de St Maurice et de Bussang.

(*) habitants du Ménil
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Plan du maquis du Peu Haut

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Re: Pépé Cadum, ou trois résistant de la première heure dans la vallée de la Haute Moselle

Message par yves philippe le Lun 10 Avr 2017 - 14:36

Il se trouvait à deux cent mètres environ, à gauche, derrière l’endroit où se trouve le chalet du Peu Haut actuellement.
De plus cet endroit était joignable, à moins de 20 mn de marche de chez nous. C’est là qu’ils ont implanté le maquis.
En partant de la ferme, on prenait le derrière de l’Olah, on prenait tout droit dans la forêt et on y était rapidement.
Papa a « boùlé » ( entendez «démonté» ) le vieux chalet forestier qui se trouvait à l’emplacement du monument du Peu Haut.
Ils l’ont fait sans autorisation. Avec les matériaux, ils ont construit le premier baraquement du maquis.
Ensuite ils ont choisi la Kins-muss comme zone de parachutage.
A l’époque, il y avait un grand champ à la Kins-muss, il faisait presque un kilomètre”-------------------------( Souvenirs de Gilbert) .

“ Le maquis du Peu Haut fut appelé le «Camp Louis,» en souvenir de Camille LOUIS qui venait d’être fait prisonnier le 06 Octobre 1943.
Le camp Louis comprendra jusqu’à une centaine de personnes”.
(Extrait du livre du Commandant Gonand “3 années de résistance dans la montagne Vosgienne”)

Le terrain de la Kins-muss fut homologué par les instances militaires le 05 Septembre 1943.

Suite à l'interpellation de Camille Louis, Henri PHILIPPE est nommé “ Chef de Centre” du Ménil.
Il prend alors comme surnom de maquisard, celui dont on l’avait affublé à l’armée, c’est à dire « Cadum », tandis que sa femme, continue à porter assistance aux gens qui lui demandent refuge.

“ Des maquisards et des réfugiés ont aussi été hébergés chez «Le Bon », mais ils ne pouvaient y séjourner bien longtemps, au risque d’y être découverts, ce qui aurait mis en péril toute la famille PHILIPPE en plus de la leur.
Ils attendaient là, juste le temps d’obtenir de faux papiers et repartaient, souvent pour le maquis”.-------------------------(Souvenirs de Gilbert).

“Mon frère et moi, vivions dans les fermes abandonnées, dans les granges à foin.
Pour l’hiver, nous étions hébergés chez les familles Julien CHEVRIER, LAMBERT au Frénat et Henri PHILIPPE aux Granges» ( Extrait de « Souvenirs de guerre d’un maquisard Vosgien”. de Charles Louis) .

“ On a aussi accueilli quelques jours Mr FORTER.
C’était un homme de Remiremont qui portait des lunettes. Il s’était enfui de chez lui où il avait croisé les Boches. Il était bien content de manger
chez nous car il avait faim. Ce devait être en juin ou juillet 44”--------------------(Souvenirs de Raymond).

Le maquis du Peu haut voit arriver ses premiers maquisards vers le 15 Mars 1944. ceux-ci étaient cantonnés précédemment au camp des « Roches de Morteville » à Saint Maurice Sur Moselle.

Avec la responsabilité de la mise en place effective du maquis du Peu Haut - l’un des neuf maquis Vosgiens - est venue se greffer la mission d’intendance qui portait sur trois axes: l’approvisionnement en nourriture, en armes et en renseignements.

Jeanne FRANCOIS, (ma grand-mère) est tout aussi engagée dans la résistance que son mari, et on ne peut pas la qualifier de « résistante passive » puisque c’est elle qui nourrit chez elle et assiste comme elle le peut les diverses personnes qui y trouvent refuge.

Autre preuve d’engagement total de sa part, la complicité qu’elle a avec son mari dans le recueil et le transfert du renseignement jusqu’au maquis.
C’est elle qui écoute la radio de Londres pour intercepter les « messages personnels ».
C’est elle encore qui donne des missions à ses propres enfants, missions directement liées à la résistance, donc risquées. ( port de plis, information du maquis, collecte de denrées alimentaires, écoute des messages personnels, par exemple).

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Re: Pépé Cadum, ou trois résistant de la première heure dans la vallée de la Haute Moselle

Message par yves philippe le Lun 10 Avr 2017 - 14:40

“ Je descendais à cheval au village pour aller y chercher des provisions pour le maquis, et je les remontais chez nous.

Une fois j’ai porté un pli aux maquisards, les autres fois, c’était les gamins qui y allaient. 
Autrement j’allais à pied jusque Bussang avec Michel. On avait des gros sacs tyroliens. On allait à la boucherie BARRAUD, ( 5 km aller).
Le boucher qui était au courant, nous donnait de la viande.
On revenait au Ménil, toujours à pied par la Croix de Fresse.
La viande était déposée chez nous et c’est un ou deux maquisards, comme Henri GEHIN ( Alias P’tit Jules) ou « Marcel Camile Odile» ,( Entendez Marcel LOUIS), le frère de Charles, qui venaient la chercher.
Des fois c’était les gamins qui allaient au devant du maquis, mais ils n’avaient pas le droit d’y entrer même si la sentinelle les connaissait. 

On allait aussi dans les fermes du secteur pour demander du fromage, des patates, des œufs pour le maquis” . ---------------------( Souvenirs de Paulette) .

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
“La liberté ou la mort” – La devise des maquisards est claire

“ Avec une paire de bœufs, mes frères, Raymond ou Michel conduisaient du bois la nuit au maquis.
 A part les armes, tout passait par chez nous, les gens, la nourriture et les renseignements” . ----------------(Souvenirs de Gilbert).

“ Des réunions se déroulaient généralement la nuit, chez nous à la ferme. Entre 3 et 10 personnes y assistaient. Les hommes étaient réunis là, autour de la table et décidaient des actions à mener ou échangeaient les renseignements”-----------------( Souvenirs de Paulette).

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Re: Pépé Cadum, ou trois résistant de la première heure dans la vallée de la Haute Moselle

Message par yves philippe le Lun 10 Avr 2017 - 14:45

“ Des responsables de maquis, comme «Papa Bon», ( surnom donné à Henri PHILIPPE par ses descendants), Emile LUTTENBACHER, Charles RIVAT, ( Alias Charly), des agents de renseignements, des gradés commandant le maquis, car il y avait aussi des militaires, et Lucien GONAND, le Commandant du 4ème Groupement FFI des Vosges se donnaient rendez-vous une fois chez l’un, une fois chez l’autre. 
Chez nous, ça se passait dans la petite chambre devant.

Nous, les enfants , on n’avait pas le droit d’y assister. Il ne fallait pas que l’on sache.
Si Papa comprenait qu’on savait quelque chose, il nous disait : «  Si quelqu’un vous demande quelque chose, dites que vous ne savez rien, que vous n’avez rien vu”. --------( Souvenirs de Gilbert) .

“ Le commandant GONAND faisait savoir à papa, lors de ces réunions, le mot de passe qui annonçait les parachutages de la Kins-muss. Donc il fallait écouter la radio , ce qui était interdit par les Boches.
Les mots de passe étaient diffusés tous les jours vers midi, 19 heures et 21 heures par la BBC.
Je me souviens de deux mots de passe.
- La lave coule vers Rome.
- Anne parle de ses voyages.
Ça signifiait que la nuit suivante il y allait y avoir un parachutage à la Kins-muss”-----------------( Souvenirs de Paulette).

“Chaque parachutage avait un mot de passe différent. Lorsqu’il était annoncé à la radio, on prévenait le maquis, les autres chefs de maquis et les gens de confiance.
Personne d’autre que nous ne connaissait le mot de passe, et on ne connaissait pas le mot de passe des autres maquis non plus.
Avec papa, on allait alors préparer la zone de parachutage.
Comme le terrain de la Kins-muss était en forme de triangle, on faisait trois gros tas de branches aux trois angles et on attendait la nuit.
Il fallait assez de bois pour que les feux tiennent une bonne partie de la nuit.


On attendait là, et surtout on écoutait le ciel. Si les avions ne passaient pas, on y retournait le lendemain soir”.-----------(Souvenirs de Raymond).

“ Juste avant le parachutage, l’avion de tête ciblait le terrain et faisait un cercle avec des fumigènes. Les avions qui suivaient larguaient les parachutes dans le cercle”--( Souvenirs de Gilbert).

Les divers renseignements que j’ai trouvés dans les articles de journaux et extraits de déclarations de maquisards laissent apparaître que les parachutages étaient faits par des quadrimoteurs Short Stirling appartenant à l’escadrille 196 de la RAF.
Ils venaient tout droit d’Angleterre. Il n’était pas rare que, leurrés par les feux des autres maquis, les pilotes larguaient sur d’autres zones que celles qui correspondaient aux messages personnels. Surtout dans les endroits où plusieurs maquis rapprochés existaient.

“ Le 12 Août 1943, suite au « Message Personnel » « Le Chevreuil prend son élan », un parachutage est programmé à la Kins-muss. Par erreur les armes tombent sur Archettes .
 Le 31 Août 1944, un parachutage était prévu, mais les avions ne larguèrent rien” ( Extrait de « Souvenirs de guerre d’un maquisard Vosgien» de Charles Louis).

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Message par yves philippe le Lun 10 Avr 2017 - 14:46

“ Une fois, Emile LUTTENBACHER, responsable du maquis de Bussang est venu prévenir papa parce qu’il avait vu depuis chez lui qu’un parachute était resté accroché dans les arbres à la Kins-muss. Emile LUTTENBACHER habitait à la ferme en haut du Drumont à Bussang. Depuis la haut il voyait la Kins-muss.
Avec le vent, c’était difficile d’être précis. D’autres parachutes étaient tombés à Champé à Bussang.
Aux parachutes étaient accrochés des containers de deux tailles différentes mais de formes semblables Les grands mesuraient près de 1 mètre 80, ils contenaient les fusils. Ils étaient fermés par des tendeurs.
Les plus petits contenaient les munitions.
Les containers étaient cachés dans la ferme de la Kins-muss, les ficelles et les parachutes étaient soit récupérés pour servir à autre choses, soit enterrés”
.-----------------------( Souvenirs de Gilbert).

Les divers documents que j’ai compulsés laissent apparaître que des parachutages ont été prévus à la Kins-muss également les 28 Août et 14 Septembre.

“ J’entends encore les avions vrombir la nuit. Quand j’y pense, j’en ai encore la chair de poule”------------------------- ( Souvenirs de Paulette).

“ Au cours d’un parachutage, les conditions atmosphériques avaient fait tomber des parachutes un peu trop loin. Ils avaient atterri sur Ventron. Un Véternat, ( habitant de Ventron ) se rendant compte des faits n’a rien trouvé de mieux que d’aller le dire à la Mairie. Ce sont donc les Allemands qui ont récupéré les containers d’armes. Tu parles d’un résistant celui- là!”-----------(Souvenirs de Paulette) .

“ J'ai 91 ans, tu veux que je te raconte la nuit la plus longue de ma vie?
C'était sur la zone de parachutage de la kins-muss. Je me souviens , j'étais avec “Charly Minot”, un gars de Bussang.
Je me souviens, Cyril BRIOT était monté dans un hêtre, à même le tronc pour aller décrocher un parachute alors que les premières branches se trouvaient à six ou sept mètres du sol.
Il y avait déjà eu deux parachutages cette nuit là. Il était trois heures du matin, on était éreinté, on n'en pouvait plus. On avait donc déja allumé les feux deux fois.
Tout à coup, on entend un grondement dans le ciel. C'était un autre avion qui nous tournait autour.

J'ai crié “ rallumez les feux” et j'ai fait le signal trois fois avec ma “loupiotte”, ( lampe de poche). L'avion a encore largué onze parachutes.

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