Automne 1944, crash d'un avion allié à Ramonchamp - Sergent Chef Jean Pierre Casabonne

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Re: Automne 1944, crash d'un avion allié à Ramonchamp - Sergent Chef Jean Pierre Casabonne

Message par Fondateur le Jeu 5 Juil 2012 - 1:27

Bonsoir à tous,

Merci pour ce récit passionnant.

Petite précision, la verrière en forme de "larme" pourte le nom de "teardrop"

Voici les deux modèles de verrière du P47

Razorback
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Teardrop
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Amicalement
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Message par yves philippe le Jeu 5 Juil 2012 - 9:23

Merci Patron, pour cette confirmation

voici la suite de nos tribulations :

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Vue des morceaux de plexiglas découverts sur le lieu du crash

Le 26 Octobre, après s’être plongé dans ses archives, Francis envoie à Yves une photo du groupe d’aviateurs du G.C  NAVARRE,  auquel Jean Pierre CASABONNE a appartenu. Le cliché est aussitôt envoyé à Georges CASABONNE.
        Le 28,  après concertation avec les membres de sa famille, Georges CASABONNE répond à Yves en ces termes :
« Monsieur,
Pour ma part, immédiatement quand je l'ai vu me donne à croire, que la
troisième personne debout en partant de la droite, en veste aviateur à col
de mouton et le calot penché sur le côté droit de la tête est l'aviateur que
vous cherchez, c'est-à-dire mon Père Jean Pierre CASABONNE. »

Inutile de dire que cette réponse comble de joie les deux chercheurs.
       « Bon, maintenant qu’on connait le visage de CASABONNE, il serait bien qu’on trouve un cliché de son avion ».  Précise Francis. 

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Vue du cliché des pilotes du Navarre en 1944
et indexation de Jean Pierre CASABONNE.


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Message par yves philippe le Jeu 5 Juil 2012 - 9:27

Le 17 Novembre 2011, à la toute dernière fin de cette nouvelle campagne de prospection qui n’a pas vraiment porté ses fruits,  Francis et Yves trouvent, alors qu’ils allaient quitter les lieux à la nuit tombante, une petite plaque en plastique blanche, à peine visible dans les feuilles de hêtres, tombées en masse sur le sol.  Sur cette pièce apparaissent  plusieurs inscriptions  dont une, chose incroyable pour eux, qui  établit formellement  le type de l’appareil.

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Vue de la plaque d’identification en rapport avec un P-47-D Thunderbolt

        C’est donc  bien un avion de type « P-47 D ».  Ce détail était celui qu’attendait Yves depuis le début des recherches. La confirmation matérielle des certitudes de ses amis.

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Vue d’un P-47-D Thunderbolt bubble top appartenant au Groupe de Chasse Navarre.
 
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Message par yves philippe le Jeu 5 Juil 2012 - 9:30

   Dans les jours qui suivent, Francis poursuit sa quête d’information auprès de ses connaissances (Officier-traditions et Généraux en retraite, de l’armée de l’air).  Il active même une connaissance  qui travaille auprès de l’IGN. «  Il parait que la France a été complètement  cartographiée et photographiée en 1945. Peut être que si Ramonchamp a été filmé, on verrait encore la carcasse de l’avion ! Je vais l’appeler pour voir ». Dit-il à Yves.

        Yves quand à lui trie minutieusement des différentes pièces retrouvées, il  les classe par couleur, les photographie méthodiquement.  La  recherche sur site a été tellement minutieuse  que  même les morceaux inférieurs à 1 cm2 ont été ramassés.   Il compare les pièces significatives avec des photos accessibles sur internet. Il en envoie à Stéphane MURET par l’intermédiaire de Francis.   
        Les réponses de Stéphane sont claires. Il s’agit bien d’un Républic P-47D Thunderbolt, de type  Bubble top, c'est-à-dire la version « Chasseur » de ce type d’appareil, qui faisait aussi de la reconnaissance ou de l'escorte de convois aériens.
        Nous avons donc maintenant la certitude qu’il s’agit d’un P-47, et la quasi certitude que c'est un P-47 Français. Sur les 150.000 avions de ce type construits par les Américains, entre 500 et 600 ont été vendus à la France entre 1943 et 1945.

        Début Décembre, Yves reprend la piste CASABONNE. Ne réussissant pas à renouer avec Georges, le fils du pilote supposé qui s’est parachuté sur Ramonchamp, il recommence à contacter les familles CASABONNE, localisées dans le Sud Ouest,  par téléphone.
        Le 09 Décembre, il est en liaison téléphonique avec Alexandre CASABONNE, un jeune homme du Sud Ouest qui lui apprend qu’il est petit fils de CASABONNE Jean Pierre, ancien pilote de l’armée de l’air française. Il confirme également qu’un de ses oncles se prénomme Georges. Il consent à donner les coordonnées de son père Alain,  également Maire de la Commune de St Cricq du Gave.
       La piste CASABONNE peut donc  repartir au grand soulagement de Francis qui commençait à s’impatienter.

        Yves prend donc attache le 10 Décembre avec Alain CASABONNE, lequel s’engage à effectuer des recherches familiales pour faire évoluer l’enquête.  Intuitivement, Yves pense que la piste CASABONNE est la seule qui corresponde simultanément aux différents axes de recherche.  Il entreprend alors des recherches spécifiques à ce pilote et note  toutes les informations collectées   à cet égard. (Cf Annexe I).
        Hélas, quelques jours avant les fêtes de Noel, Georges CASABONNE répond que les différentes recherches familiales n’ont pas abouti, aucun document n’est retrouvé, probablement ont ils été détruits après le  décès du pilote.

        Les journées de Janvier sont donc mises  à profit pour lancer des recherches par internet à l’égard de divers organismes susceptibles  d’orienter l’enquête.  Albin DENIS, écrivain et historien, ancien mécanicien du Navarre, Yvon GOUTX, ancien pilote, sont contactés, en vain, idem en ce qui concerne le service historique des Armées. Yves lance des recherches vis-à-vis de tous les pilotes du Navarre tandis que Francis cherche à contacter les mécaniciens, tout en plongeant  son nez dans ses piles d’archives.

        Le 03 Janvier  lors d’un passage à son domicile, André GEHANT déclare à Francis qu’en fait d’une mitrailleuse, ce sont six d’entre elles qui se sont retrouvées chez lui.
        Francis et Yves se rendent compte que le filou d’André leur distille ses mémoires au compte goutte. Ainsi naquit l’idée de le faire se rencontrer avec son ami d’enfance, Gaston DAVAL. Ceux-ci ne se sont plus vus depuis plus de vingt  ans. Peut être qu’un souvenir en rappelant un autre…. .


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Message par yves philippe le Jeu 5 Juil 2012 - 9:34

   La réunion se déroule le 26 Janvier, autour d’une bonne bouteille. (enfin quand je dis une, ….. ).  Là, on apprend qu’à l’époque,  avec quelques  autres de son âge, André  a même refait fonctionner une  mitrailleuse avec  laquelle ils allaient faire des « essais », dans le "bois des Cent Sous". (Des conneries de gosses en somme).  « L’arme était faussée, mais elle marchait quand même. Une septième mitrailleuse aurait même été laissée, cachée dans un bois d’eau, près de l’épave de l’avion. Je n’ai plus rien de tout ça, des collectionneurs les ont récupérées il y a longtemps». Précise André.
        Selon lui, l’avion venait de Ramonchamp en direction de la Haute Saône. Il est tombé à la verticale, juste au dessus du chemin du dessus. L’épave a roulé dans le chemin, qui est fortement encaissé à cet endroit là. L’empennage de queue est tombé entre les deux chemins. Les deux bombes, non explosées ont été transportées plus haut, vers chez « Le Peutet » et ont été détruites par les démineurs. (André s’en souviens bien, sa famille n’avait pas été informée  du déminage. Il se trouvait sur le chemin devant chez lui lorsque l’explosion a eu lieu). « Ca remue quand ça pette ces machins là ». dit-il avec  malice.
         Par la suite le moteur a été extrait du fuselage. Par qui ?, pourquoi ? On ne le saura pas, par contre André déclare, l’œil brillant : « On a bien tenté de le faire exploser ce fichu moteur, pour récupérer les morceaux, mais pas moyen… ». 
       «  Vous ne vous souvenez pas de la couleur de l’avion, d’un logo, d’un numéro sur l’empennage de queue,  d’une inscription près du cockpit ? » Demande Yves
        « Ben non, on était jeune et c’était les mitrailleuses qui nous intéressaient ». répond André, ce qui occasionne un rire général.
        Gaston nous informe alors qu’il avait récupéré des câbles et des fils. Ils les avaient laissés dans les sapins, à la pointe des chemins derrière la ferme.  « Peut être qu’ils y sont encore, …» Précise –t-il.   

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Gaston DAVAL et André GEHANT, lors de la réunion du 26 Janvier 2012


Dernière édition par yves philippe le Jeu 5 Juil 2012 - 11:08, édité 1 fois
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Re: Automne 1944, crash d'un avion allié à Ramonchamp - Sergent Chef Jean Pierre Casabonne

Message par Francis Froidevaux le Jeu 5 Juil 2012 - 9:36

le


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Message par yves philippe le Jeu 5 Juil 2012 - 9:39

Le 31 Janvier 2012, Georges CASABONNE envoie un email en disant qu’il a reçu une réponse  du service historique des armées de Pau. Ce service ne détient plus d’archives. Il lui faut  réitérer sa requête devant  un autre service dont l’adresse lui est communiquée.
        « Décidément !  On a pas la partie facile avec cet avion !». Pensent  Yves et Francis.
        Le 07 Février 2012, une réponse de l’Institut Géographique National, communique une vue aérienne du secteur du crash. Ce relevé cartographique a été effectué en 1951 soit 6 ans environ après l’événement.  Hélas les pixels utilisés  à l'époque ne permettent pas de descendre assez bas pour apporter des indices nouveaux.  Une variante dans la végétation peut néanmoins localiser l’endroit du crash depuis l'espace, ce qui n’apporte pas grand-chose aux recherches.

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Vue aérienne du site en 1951 ---- une tache noire dans la partie boisée située en bas à gauche du cliché reflette le lieu du crash

Poursuivant ses investigations  auprès de la population, Yves apprend le 09 Février auprès de Pierre COLLENNE, un nonagénaire de Ramonchamp, qu’il a été également témoin direct du crash de l’avion.
        Pierre COLLENNE : « J’habitais là-haut pendant la guerre, mais on avait été déplacé juste avant, suite à l’arrivée du front. Je me souviens de voir cet avion qui avait fait une boucle complète autour du Grammont. Il avait certainement été tiré par la DCA Allemande qui était encore postée au « Tir »,  (Endroit où se trouvait un ancien champ de tir). L’avion est passé en rase motte au Grammont et a piqué dans la forêt. 
        Il faisait beau, avec Charles TRAMZAL qui habitait un peu plus bas et qui était un peu plus âgé que moi, et un autre gars, Neness GEORGES,  qui est également décédé, on est allé voir sur place le jour même dans l’après midi. L’avion devait être tombé le matin,  il était presque complet. Il était couché sur la tranche dans le chemin. D’après mes souvenirs l’avion était de couleur gris métal »
.


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Message par yves philippe le Jeu 5 Juil 2012 - 9:45

  Questionné à ce sujet, Pierre COLLENNE ne se souvient malheureusement pas du numéro de l’avion ou du sigle qui pourrait identifier l’escadrille à laquelle il appartenait.
        Vers la mi Février, Yves trouve coup sur coup, le même jour, deux autres témoins des faits :
        Simone CHEVRIER : «  J’avais  douze ans, j’habitais à l’époque dans les cités de l’Etat à Ramonchamp. Je pense qu’on était encore occupés par les Allemands à ce moment là. On regardait par la fenêtre une bataille d’avions dans le ciel. Il y en avait plusieurs, au moins trois. Je me souviens d’éclats dans le ciel, comme des scintillements et puis un des avions a laissé échapper une fumée noire. Il est parti au dessus du Grammont à basse altitude et a du tomber vers chez Claude HALLIN ».  
        Maurice GRANGIRARD : «  J’habitais en montant Le Poteau, dans une ferme sur la droite. Je me souviens bien du jour où l’avion est tombé derrière chez  « Jean III ». J’étais aux patates, devant chez nous. J’avais 7 ans à l’époque.  Depuis chez nous on voyait bien puisqu’on était juste en face, sur le flanc opposé de la vallée.
        L’avion était seul, il revenait en longeant la ligne de crêtes depuis Servance. De la fumée s’échappait du moteur. Il a fait une ou deux pirouettes, j’ai vu le parachute s’ouvrir et l’avion est tombé droit dans les arbres. C’est Suzanne FAIVRE qui a recueilli le parachute et l’aviateur. Les gens disaient que c’était un Anglais. Je ne suis allé le voir que longtemps après, en famille, avec mes parents. Il me semble que l’avion était gris 
».
        Après un an de recherches, les informations collectées  par Yves et Francis ont apporté deux axes concordant, mais rien ne permet de les relier fermement.
Analyse des informations collectées.
       Nous savons en effet que sur le terrain, c’est bien un P.47-D Thunderbold «Buble-top » qui s’est crashé à  « La Colline »  de Ramonchamp et qu’il appartenait probablement, par sa cocarde, à une escadre Française.
        Nous savons que les faits se sont produits un jour de beau temps après le 08 Octobre 1944 (date de la libération du secteur du Poteau) et avant le 26 Novembre (date du retrait défensif Allemand de la Vallée de la Haute Moselle). Les divers recoupements effectués  avec les journaux de marches des régiments présents  sur le secteur et les mémoires des gens du cru, laissent apparaître que seuls quelques jours ont été au beau fixe en Octobre 44. Nous savons qu’il a plut fortement à compter du 16 et que la neige est tombée avant la fin de ce mois.
        Nous savons que le Sergent Chef CASABONNE, pilote sur P.47 a du abandonner son avion N° 70 de l’escadron NAVARRE  le 15 Octobre 1944, alors qu’il est passé au dessus de la région avec son escadrille.
        Nous savons qu’il faisait beau le 15 Octobre 1944.

Axe de recherches :
        Il nous manque donc un élément déterminant : Un lien, soit entre le pilote CASABONNE et le lieu du crash de son avion, soit entre l’avion qu’il pilotait et la région de Ramonchamp.
*********************
       Les livres spécialisés, dévorés par nos deux chercheurs, les sites compulsés  sur internet, les témoignages recueillis auprès de la population, ne leur apportent pas cet élément déterminant.  Yves et Francis envisagent donc de se rendre au Service Historique de l’Armée de l’Air  (S.H.A.A) dans la région Parisienne afin d’y trouver ce dénominateur commun… . A moins que le livret militaire tant attendu par Georges CASABONNE ne le leur apporte.


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Message par yves philippe le Jeu 5 Juil 2012 - 9:49

Le 29 Février Georges CASABONNE informe qu’il vient d’obtenir la Fiche signalétique des services de son père. Il s’engage à réexpédier le document à nos deux chercheurs Vosgiens mais craint que les informations qu’elle détient ne suffisent pas à faire avancer leur enquête.
        Le 03 Mars Yves apprend de Suzanne GALMICHE, sœur ainée de Gérard, dont on a parlé plus haut, que leur mère avait récupéré de la toile de parachute provenant du pilote.
        Suzanne GALMICHE : « C’était un tissus soyeux de couleur blanc, légèrement cassé. Maman pensait pouvoir nous faire des robes avec ça, mais elle n’a surement pas trouvé de couturière. C’est dommage, si on en avait gardé un bout, je vous l’aurais montré. Mais il n’y a plus rien de tout ça aujourd’hui ». Déclare-t-elle. « Peut être que mon grand frère se souviendrait de quelque chose, j’ai ses coordonnées, si vous les voulez …».
        Le même jour, chez Serge CREUSOT, Yves apprend de son épouse, née VALENTIN, que sa mère se trouvait « aux pommes », le jour où l’avion est tombé juste en face de chez eux.
         «  Elle a eu très peur et tout le monde est allé se réfugier à la cave. Vous savez, à l’époque là, les gens avaient peur de tout, c’était la guerre. Mes parents ne sont pas allés voir ce qu’il s’était passé. C’était trop dangereux, si ils y sont allés, c’était longtemps après. Je ne peux rien vous dire de plus sur cet avion là. C’est dommage, tous les anciens qui ont connu ça sont morts aujourd’hui. Il aurait fallu vous y prendre deux ou trois ans plus tôt, certains auraient peut être pu vous en parler ».
        Cette dernière remarque, Yves et Francis l’ont entendue des dizaines de fois.
        Le lendemain, Yves reçoit le courrier qui lui a été envoyé par Georges CASABONNE. Il s’agit de la photocopie couleur de la fiche signalétique relatif à son père. Ce document apporte de nouveaux éclairages sur le passé de pilote de Jean Pierre CASABONNE, mais aucune allusion à un crash n’y figure. Par contre il fait ressortir qu’avant d’être au Groupe de chasse NAVARRE puis LA FAYETTE, le pilote était affecté au ½ CIGOGNE.

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Extrait de la fiche signalétique des services de J.P CASABONNE.


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Message par yves philippe le Jeu 5 Juil 2012 - 9:54

Par bonheur, le G/C Cigogne existant toujours, les recherches sont réorientées maintenant vers cet escadron qui est maintenant basé à ……..Luxeuil les Bains (70), distant d’une trentaine de kilomètres de Ramonchamp. C‘est étrange ce retour aux sources.
        Une réponse de l’Officier tradition du LA FAYETTE, maintenant basé à Istres laisse apparaître que les archives de cet escadron ont été reversées au S.H.A.A à Vincennes.

        Le 08 du mois courant, Yves apprend de Mme TRAMZAL, que malheureusement, après recherches dans ses cartons de photos, son mari ne semble pas avoir pris de clichés de l’avion.
 «  C’était rare les appareils photo en ce temps là. Mon mari s’en était acheté un. C’est dommage, si  j’avais pu vous aider … ». Dit-elle.

        Georges GALMICHE, frère ainé de  Gérard et de Suzanne, demeurant sur Sochaux est contacté par téléphone le 08 Mars. «  C’était en pleine journée, il n’y avait pas de neige.  On était à la maison. On a entendu un gros bruit, on est allé le voir dans l’après midi. L’avion avait coupé quelques hêtres et était planté dans le sol entre les deux chemins, près du petit ruisseau qui se jette dans celui de la colline. Un morceau d’aile, encore attaché au fuselage, pointait vers le ciel.  Je ne me souviens pas d’y voir une cocarde Française. Je pense plus à une étoile américaine. On n’a pas vu le pilote, il a été recueilli par André Faivre. Il me semble que c’était un Anglais. Il faudrait demander les archives de la Liberté de l’Est, il me semble qu’il y a eu des articles là dessus. Il me semble que c’est André CLAUDEL et un nommé SIMONIN qui ont nettoyé tout ce secteur. Ils récupéraient les douilles d’obus en cuivre pour les revendre à la ferraille. Il me semble que ce sont eux qui ont démonté l’avion ».

        Le 09 Mars, Yves et Francis se rendent au 04 avenue Pierre Blanck à Epinal, siège des archives départementales. Leur but est de  compulser la presse de l’époque en espérant  y trouver un article qui fait référence à l’événement qui les motive. Hélas, ils doivent constater que la presse a tenu bon dans les Vosges jusqu’à  la mi-septembre 44 pour disparaître totalement jusqu’à  la mi-novembre de la même année.
        « Décidément, le sort s’acharne contre nous ! » pensent-ils.

        Le 19 mars, après avoir dévoré trois des quatre volumes d’Alain DECOT,( Livres déjà étudié une première fois par Francis), Yves se rend chez Gilbert SIMONIN à Fresse Sur Moselle.
 «  Je suis de 33, j’avais donc 11 ans quand l’avion est tombé. J’y suis allé bien sûre, comme tous les gosses du coin, mais pas tout de suite. Il n’y  avait plus que le moteur, l’épave était déjà partie. Il n’y restait que quelques cartouches et des bouts de tôle. Tu devrais aller voir André GEHANT, au poteau, il doit savoir quelque chose la dessus. Je crois que c’est lui qui  a l’hélice de l’avion ».
        « Il parait que vous y êtes allé dans votre jeune temps avec  André CLAUDEL de Ramonchamp » reprend Yves.
       « Ha bon !, c’est possible. Tu peux aller le voir de ma part, tu lui donneras le bonjour. Tu sais où il habite ? A Ramonchamp ».


        Un quart d’heure plus tard, la sonnette d’André CLAUDEL résonne dans son couloir.
        « C’est drôle, je ne me souviens même pas y être allé. Ha si !, tu as peut être raison, mais il n’y avait plus grand-chose, quelques cartouches. Ho ! C’est loin tout ça ! On est en 2012!, et nous on était gamin. Il me semble que c’est André GEHANT qui a récupéré la mitrailleuse. Viens, entre, tu veux savoir quoi au juste ?».
        Yves lui expose brièvement ses motivations et les deux maillons manquant de son enquête, c'est-à-dire le lien entre soit le pilote, soit son P.47 et Ramonchamp.


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Message par yves philippe le Jeu 5 Juil 2012 - 9:57

« Personnellement je n’ai pas ta réponse, mais je suis magnétiseur, si tu y crois, tu auras ta réponse. Tu veux essayer ?».
        Yves est un peu décontenancé.  « Vous savez, moi je suis terre à terre par nature, mais pourquoi pas » Lui déclare-t-il.
        « Assieds toi, vas-y, pose moi la question que tu veux, mon pendule te répondra par oui ou par non. Si il fait des cercles il répond oui, si il ne fait que des vas et viens, c’est qu’il répond non. Tu peux regarder mon bras, ma main, mes doigts, ils ne bougeront pas. Le magnétisme, c’est comme lorsque tu allume un poste de radio. C’est une fréquence qui vient de là haut,  qui se prolonge le long de mon bras, la chaine de mon pendule et donne la réponse en le faisant tourner, ou non. Pose ta question ».

        « Est-ce un avion Américain ? » Le pendule se met à tourner comme pour dire « oui ».
        « Est-ce un pilote Américain ? ».Le pendule répond « Non »
        « Est-ce un pilote Français ? ». Le pendule répond par l’affirmative
        « Se nomme t-il Jean Pierre CASABONNE ?». Le pendule répond  « Oui ».
        « Le pilote se nomme t- il René FONCK ?» Le pendule répond «Non ».
        « Sommes-nous sur la bonne piste ? ». Le pendule répond « Oui ».


        Yves reste circonspect, tandis que Monsieur CLAUDEL  lui égrène  quelques uns des nombreux exploits à son actif.
        « Je vais être franc avec vous, je n’y crois pas trop à ce type de magnétisme, mais je n’y suis pas réfractaire. Je sais qu’on ne sait jamais, disait Jean GABIN».

Yves remercie son hôte avec deux sentiments opposés, le doute de  sa raison qui lui dit de ne pas trop donner d’importance aux réponses qui lui ont été apportées par l’au delà, et la joie  de ces réponses qu’il prend pour une hypothétique récompense suite à ces deux ans d’investigations.
        « Ce serait chouette que le pendule ait raison. Un petit doute quand même, l’histoire du P.47 Américain. Là ça ne colle plus, bien qu’il est vrai qu’avant d’être confié aux aviateurs Français, il était bien Américain ». pense-t-il. 

        Par ailleurs, exploitant une information relevée succinctement en Octobre 2011 sur  le site, «  P-47 Thunderbolt DATABASE » qui signalait la perte d’un avion similaire dans la région de Cornimont, des recherches sont effectuées sur cette ville afin de vérifier si ce dernier avion n’aurait par été piloté par Jean Pierre CASABONNE. Evidemment, comme si le sort semblait s’acharner contre la manifestation de la vérité, ce site internet est en maintenance, privant de ce fait les historiens d’informations importantes de comparaison.

        Le 20 Mars, après avoir contacté Eugene FIELLER puis Alphonse PHILIPPE, deux octogénaires demeurant au lieu dit  Travexin,( Commune de Cornimont), les chercheurs sont orientés vers Xoulces où un avion serait tombé pendant la guerre.  Sur la route de Xoulces, ils s’arrêtent au niveau de deux dames qui discutent tranquillement et leur demandent si des anciens de la région pourraient les renseigner sur ce fait historique.
        Une dame lui répond : «  Oui, il faut aller voir Suzanne MANGEL qui habite là-haut. Elle demeurait déjà à Xoulces pendant la guerre. C’est un peu compliqué pour aller chez eux, je peux vous montrer la route si vous voulez ».

        Quelques minutes plus tard, la voiture s'immobilise à nouveau devant une ferme. Hélas les occupants ne sont pas là. L’adresse est relevée, la guide est reconduite chez elle. Le soir même, Suzanne MANGEL est contactée par téléphone.


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Message par yves philippe le Jeu 5 Juil 2012 - 10:02

  « L’avion, bien sure que je m’en souviens ! Il est tombé dans notre pré, « aux essarts », près du sentier de la bourrique. C’était au début de la guerre, je crois qu’il y avait deux aviateurs à bords.  On était à l’école de Xoulces. Un peu après 15h00, on a entendu le bruit. L’avion a été victime de la tempête de neige.  Il faudrait appeler mon frère Gilles, il s’en souvient bien. Je vous donne son numéro, vous pouvez l’appeler, il est chez lui en ce moment  puisqu’on était ensemble cet après midi ».

       Dans la foulée Gilles MANGEL est contacté : « Oui, c’était en Janvier 1941. Un petit avion Allemand a remonté la vallée de Xoulces. En raison de la tempête de neige il a fait demi-tour, dans sa manœuvre, il a heurté les arbres au fond de notre pré et s’est écrasé là. Les aviateurs ont été tués, l’un avait les deux jambes cassées. On est allé voir l’avion le Dimanche. Les Allemands le gardaient. Les corps des deux aviateurs ont été transportés au village sur des schlittes puis  transférés en Allemagne où ils ont été inhumés. Passez nous voir un jour, on pourra aller sur place ».

        « Mais pourquoi ce n’est pas aussi simple avec notre P .47 de Ramonchamp ? ».  S’interrogent nos chercheurs.

        Quelques jours plus tard, à la faveur d’un soleil radieux, Yves et Francis reprennent leurs recherches sur le lieu du crash. La détection de surface ayant apporté la preuve qu’il s’agissait bien d’un P.47 Bubble top, vraisemblablement français,  les deux enquêteurs entreprennent maintenant une fouille sur le point de choc situé le plus en amont, où l’avant de l’avion semble avoir  heurté le sol en premier. En effet c’est à cet endroit que des premiers débris provenant certainement de l’intérieur du cockpit avaient été découverts à l’automne 2011.

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Photos des fouilles


Dernière édition par yves philippe le Jeu 5 Juil 2012 - 11:25, édité 2 fois
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Message par yves philippe le Jeu 5 Juil 2012 - 10:07

Francis pense que c’est là aussi que l’avion a pu perdre une partie de son fuselage, et plus particulièrement celle où étaient peinte l’insigne d’escadrille.
        Hélas, malgré plusieurs dizaines de mètres cubes  de terre déplacés, à la pelle et à la pioche,  rien ne permet de faire évoluer l’enquête. Quelques belles pièces sont toutefois trouvées ainsi qu’une certaine quantité de cartouches.

  Eric LIEBAUX, le collègue de travail à Yves, s’investi  dans l’identification des pièces découvertes : "Ca, c’est le régulateur d’oxygène, ça, c’est le cadran du compas, ça c’est une partie du réservoir auto-obturant, etc. ", mais ces éléments restent marginaux et ne répondent pas à la question posée. " Est-on bien en présence du P-47-D numéro 42-26881 piloté par Jean Pierre CASABONNE le 15 Octobre 1944"?
        Simultanément, le Général GOUTX contacte les chercheurs et leur conseille de se mettre en rapport avec le Général de MONPLANET, contemporain de Jean Pierre CASABONNE, avec qui il a fait la campagne de France.

Le lundi 26 Mars, une lettre est postée à destination de ce Général de l’armée de l’Air.
       Parallèlement, Georges CASABONNE s'investi pour identifier le général qui commandait la troisième région militaire dans les années 1970 /1971, ce dernier ayant gardé des contacts avec son père après la guerre.
        Le 03 Avril 2012,  sous une pluie d’orage, il est mis fin, avec regret, à la campagne de fouilles dans le  « bois du Hétray », celle-ci ne mettant plus en exergue que des éclats d’obus et des cartouches 12.7, lesquelles ne font guerre avancer l’enquête.
        Toutes les recherches retranscrites ci dessus ont demandé un réel investissement de la part des deux compères :

-           2 ans de recherches,  environ 300 emails échangés, plusieurs centaines d’heures d’investissement, une centaine de personnes contactée,  trente trois kilos de munitions ;    (296 douilles et 372 balles de 12.7), cent cinquante kilos de petits débris de métal (57 Kg d’aluminium, 42 kg de métaux ferreux ) 10 kg de plastic, bois, verre, plexiglas. C'est beaucoup mais peu à la fois, si on tient compte qu'un p-47-D pèse sept tonnes à charge au départ d'une mission de bombardement.

        Le 05 Avril, deux réponses  sont portées à la connaissance des enquêteurs; une bonne et une mauvaise. Gardons le meilleur pour la fin. Tout d’abord, après deux mois de recherches, Francis parvient à localiser et à entrer en contact avec un des gendres  d’André Faivre (Jean III). Hélas cette personne n’a pas connu son beau père de son vivant et n’a même jamais entendu parler de l’avion tombé à Ramonchamp. Oh rage !, oh désespoir ! Cette piste avait pourtant nourrit tant d’illusions.
        Dans la soirée un émail parvient à Yves :
        Bonjour M. Philippe, 
Tout d'abord merci pour votre message et vos compliments. 
Pour info, la base de données sera de nouveau accessible courant de ce mois. 
Pour le P-47 crashé vers Cornimont (88) le 11 septembre 1944, il s'agit du serial 42-22548 piloté par le 1st Lt. Robert T. Shelton (O-1107687), abattu par la Flak. Pilote KIA.
MACR #9123 - Unite : 406th Fighter Group, 514th Fighter Squadron. 
A noter qu'il y a quand même un doute sur la localisation du crash

Cordialement, Didier Badiqué

 
     


Dernière édition par yves philippe le Jeu 5 Juil 2012 - 11:27, édité 2 fois
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Message par yves philippe le Jeu 5 Juil 2012 - 10:10

   Le rapport de perte Américain ( M.A.C.R ) relatif à la disparition de ce pilote et de son avion fait apparaître les constatations suivantes, relatées par les autres aviateurs de cette formation :

  a. La formation volait à une altitude de 300 mètres sol, près de Cornimont, France, ( 80 Km au Nord Ouest de Mulhouse – coordonnées indisponibles). La formation a été prise sous les feux d'une Flak légère ennemie. L'avion du Lt Shelton a été vu se faire toucher et descendre en vrilles vers le sol où il a explosé à l'impact. Aucun parachute n'a été vu en l'air ou au sol.
        b.Les chasseurs du 514ème Fighter Group ont la conviction que le Lt Shelton, a été tué dans le crash.   L'avion est tombé en territoire ennemi et il a été impossible de vérifier l'information, alors il a été inscrit sur la liste des perdus au combat.
     
 
Le 08 Avril, Ullrich, un contact Allemand de Francis, lui envoi cet email concernant le pilote SHELTON :
Robert T. Shelton, Jr. First Lieutenant, U.S. Army Air Forces - Service # O-1107687  -    514th Fighter Squadron, 406th Fighter Group
Entered the Service from: District of Columbia
Died: 11-Sep-44    -    Buried at: Plot B Row 8 Grave 57 - Lorraine American Cemetery- St. Avold, France

 
        Ces éléments permettent  d’écarter d’emblé la piste du « P.47 de Cornimont » et recentre les recherches sur l’ultime « tonneau »  susceptible de s’être crashé sur la région, c'est-à-dire celui de Jean Pierre CASABONNE. En effet plusieurs témoins affirment que le pilote tombé sur Ramonchamp, a sauté en parachute PUISQU'IL AURAIT été recueilli par André FAIVRE. Ce détail n’aurait pu échapper aux autres pilotes de sa formation, d’autant que la couleur blanche du parachute est celle qui se remarque le plus, vue de l’espace. Par ailleurs la date du 11 Septembre ne concorde en rien avec la libération de la vallée puisque les américains ont abordé localement les Vosges pour la première fois dix jours plus tard. Dans le cas contraire le pilote de Ramonchamp aurait été fait prisonnier puisqu’il serait tombé «  en territoire ennemi » juste derrière la ligne de front où étaient amassées les troupes d’occupation.
 
Rien ne vient (presque) plus contrarier la piste CASABONNE, mais la preuve formelle se fait toujours attendre. En tout cas, c'est ce que pense Yves qui ne veut se contenter des 0,5% de marge d'erreur qui leur résiste encore.

Le 10 Avril, il retourne avec Francis sur Cornimont pour valider et scinder les pistes CASABONNE et SHELTON.
Un long porte à porte, sous une pluie fine et froide les conduit successivement dans un premier temps à l'Etat Civil des mairies de Cornimont, puis à celle de La Bresse où les actes de décès des années 44, 45 et 46 ne leur apportent rien. Ensuite ils se rendent chez Gisèle ZISS qui demeure à Vologne, commune de La Bresse. Elle leur conseille d'aller à Basse Sur Le Rupt où un avion serait peut être tombé, près du "maquis de la Piquante Pierre". A cet endroit ils prennent attache avec Mme HUSSER qui invite les démarcheurs a prendre attache avec son frère demeurant à Planois. Ce dernier invite Yves et Francis à contacter Margueritte PERRIN qui demeure au village et près de chez qui l'avion serait tombé. Celle-ci n'a aucun souvenir de cet événement et pousse nos enquêteurs vers Gerbamont. Là ils prennent attache avec un cultivateur qui les conduit chez un bucheron en retraite qui connait tout.

Il est 19h30 passée et trois crashs différents viennent de s'ajouter à la liste des probabilités sans pour autant que les lieux précis ne soient identifiés. Un avion serait tombé vers "la piquante Pierre" (commune de Basse Sur Le Rupt), un autre entre les communes de Gerbamont et de Rochesson, un troisième au Phény commune de Gérardmer. Dans le même temps une dizaine d'identités de "Gens qui savent peut être quelque chose" est collectées.


Dernière édition par yves philippe le Jeu 5 Juil 2012 - 11:28, édité 2 fois
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Message par yves philippe le Jeu 5 Juil 2012 - 10:17

La piste SHELTON ne se présente guerre mieux que celle de CASABONNE puisque non seulement trois axes de recherches sont maintenant largement ouverts sur trois communes différentes, de plus, la date du 17 Septembre 1944 vient maintenant allonger la période à traiter. 
Devant cette débauche d'informations, les deux compères décident de retourner aux Archives départementales, le 11 avril, afin d'y trouver les informations relatives au 11 Septembre 44. Hélas cette démarche ne leur apportera pas plus d'élément que la première fois.
Mais avant de se rendre à Epinal, Yves se lance dans un porte à porte téléphonique sur la base des numéros recueillis la veille.
Gabriel HOCQUAUX l'informe que l'avion tombé au Phény en 1941/1942 est un Junker 52. Les occupants ont été tués dans le crash. Quant à celui de la "Piquante Pierre", il s'agit d'un Fougat Magister, avion Ecole. Par contre il n'a jamais entendu parler d'un avion qui serait tombé entre Gerbamont et Rochesson. M. HOCQAUX précise par ailleurs qu'un pilote nommé GEHIN, originaire de Ventron (88) est tombé avec son avion au "Saint Mont", au dessus de St Etienne Les Remiremont (88).
 
A 09h30, Yves consulte ses emails et découvre celui qui lui a été envoyé la veille au soir par Francis
: P-47-D-2 Razorback Thunderbolt"GIG'S-UP", bondissant Black Panther insignes de FS 35e utilisé comme nose art sur ​​le fuselage, le code de PZ * G, s / n 42-22548. Endommagé par l'autre pilote dans un accident d'atterrissage en Février 1944. Réparé et affecté à la 9e AF,514e FS, 406e FG. Le lieutenant Robert Shelton KIA dans un c / par flak 17Septembre 1944.
 
Cette dernière information est capitale puisqu'elle permet d'évincer totalement le Lt SHELTON du site de Ramonchamp. En effet, nous savons que les morceaux de plexiglas découverts à la Colline de Ramonchamp proviennent d'un P-47-D-Bubble-Top alors que Lieutenant SHELTON pilotait un p-47-D de type Razorback.

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voici un p-47-D bubble top
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voici un p-47-d Razorback

 Continuant à chercher le maillon manquant dans la piste CASABONNE, Yves se lance dans un second démarchage téléphonique, afin d'entrer en contact avec le Général Jacques GUILLEMIN de MONPLANET. Après quelques dizaines d'appels, il converse avec le fils du Général, lequel s'engage à faire les recherches auprès de son père, aujourd'hui âgé de 94 ans, et de l'informer du résultat de ces investigations. 

Sur une idée de Francis, un ultime appel à témoin est même lancé à " Radio des Ballons", la radio locale, le 10 Avril, afin de réveiller les éventuels souvenirs des Ramonchenais et Thillotins qui ne l'avaient pas été au cours des deux ans d'enquête. 
Le 12, à 18h00, Yves est destinataire d'un appel téléphonique d'une personne qui lui conseille de prendre attache avec son beau-père; René DESLOYES lequel demeure à Lure (70) et a des souvenirs par rapport avec cet événement.


Dernière édition par yves philippe le Jeu 5 Juil 2012 - 11:30, édité 2 fois
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Message par yves philippe le Jeu 5 Juil 2012 - 10:22

Après avoir remercié son informateur, Yves téléphone en Haute Saône (département limitrophe) dans les minutes qui suivent:
" J'avais 13 ans en 1944, j'habitais sur la route Nationale de Ramonchamp pendant la guerre, en face du "Château Bernard". Votre avion, je ne l'ai pas vu tomber, mais j'en ai entendu parler. Je me souviens très bien que les gens au village ont dit que c'était un pilote Français, qu'il avait eu chaud de tomber, à quelques dizaines de mètres seulement, dans les lignes Françaises. Il a été recueilli par les soldats Français. Chez nous, on n'était pas encore libéré.
Comme tous les jeunes, nous sommes allés voir cet avion, mais qu'après la libération. C'était juste après la fonte des neiges, au printemps 1945, vers le mois de Février je pense. Le fuselage était dans le chemin qui est fort encaissé à cet endroit là. A gauche en montant, au dessus du chemin se trouvait le moteur et une aile.
Je me souviens qu'une partie du fuselage avait probablement été découpé par une rafale de mitrailleuse. En effet, à cet endroit, la tôle ressemblait aux bords crantés des timbres poste.". 


Interrogé par Yves sur une marque ou un logo distinctif sur le fuselage de l'avion, René DESLOYES lui répond : " Je me souviens nettement d'y voir le bleu, le blanc et le rouge du drapeau Français. Je suis catégorique la dessus, c'était un avion Français". 

Yves n'en croit pas ses oreilles. Contrairement à certains de ses interlocuteurs précédents qui disaient; "Il me semble que l'aviateur était un Anglais", "Je crois me souvenir d'une étoile Américaine", il tient maintenant quelqu'un qui paraît certain de ses souvenirs et qui déclare: " C'était un avion FRANCAIS"! Cette affirmation vient encore renforcer la piste CASABONNE et éclairer les morceaux de cocarde découverts.

Dans la seconde, (j’exagère, mais si peu), Francis est informé de l'information et des coordonnées de M. DESLOYES.
Que peuvent-ils espérer de mieux maintenant, si près du but,70 ans après les faits? 
"Que le Général de MONPLANET nous confirme que CASABONNE a bien abandonné son appareil en difficulté sur les Vosges" Lui répond Francis.
" Là, ce serait la cerise sur le gâteau!".
" Oui, même plus besoin de descendre au S.H.A.A à Vincennes"
Conversent-ils par emails. 

Le 15 Avril, Gilles de Monplannet, informe Yves que les souvenirs du Général n'apportent pas la réponse escomptée, mais ne contredit pas la piste Française.

Mentionnons que l'activité de l'armée de l'air française a été si intense à cette période là, que même les journaux de marche des escadrons ne peuvent relater la totalité des missions. Un aviateur sur P-47 pouvait accomplir trois, voire quatre missions de plusieurs heures par jour. La mission de Casabonne et de son groupe, le 15 Octobre 1944, ne représente que quelques mots sur des centaines de pages, alors espérer obtenir l'élément clé de cette histoire sur le souvenir d'un "détail" par un camarade de campagne, près de soixante dix ans après, relève presque de l'utopie. '(N'est- il pas déjà extraordinaire de pouvoir entretenir un lien charnel avec un contemporain de cette mission de guerre?). Mais qui ne tente rien n'obtient rien. 

Francis, poussé par la passion, a également pris contact, (pour confirmer le renseignement) auprès de René DESLOYES. Ce dernier lui confirme l'information et lui apprend qu'il se rend tous les quinze jours chez sa fille à Ramonchamp. Il se trouve étrangement que l'échéance prochaine est ce 15 Avril. (Rien ne vaut le contact physique). Rendez vous est pris. Enthousiasmé par ce retour en arrière, Francis et René se rendent sur le site du crash.


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Message par yves philippe le Jeu 5 Juil 2012 - 10:26

"L'avion était là sur le chemin, on voyait nettement une ligne horizontale d'impacts de balles dans le fuselage, l'aile là, le moteur là, au dessus de la route à gauche,. C'était un avion Français. D'ailleurs, ça étonnait tout le monde, parce que personne ne savait que la France était toujours dotée d'une aviation, et surtout que le pilote était français lui aussi. J'ai également joué sur place avec une mitrailleuse et j'ai même dévissé l'arrière de la bombe, il n'y en avait qu’une. L'autre était tombée derrière l'église de Ramonchamp. (Fait confirmé d'ailleurs par Thérese Duhoux, dans le 3eme livre d'Yves, pages 162 et 163).

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Vue de René DESLOYES, dans le chemin où se trouvait la carlingue du P-47
 
La remarque de René DESLOYES, quant à l'étonnement des Français sur notre armée de l'air, est véridique et ressort de beaucoup d'ouvrages dévolus à cette armée au cours du dernier conflit mondial.

Avec cette dernière pièce, se termine en beauté le puzzle de "l'avion de Ramonchamp".

En marge de ces deux années de recherches, il parait maintenant utile de préciser que petit à petit, au gré de l'évolution de leur enquête, un ultimatum est venu naturellement s'imposer à nos deux chercheurs, la date du 27 Avril 2012.
En effet, cette date correspond à l’inauguration d’une stèle dévolue à deux aviateurs décédés dans le crash de leur avion à Luxey (40), le 09 Janvier 1975, (les Lieutenants Raymond Blot et Jean Claude Gay).
Cette cérémonie, organisée collectivement, mais sous l'impulsion de Francis, lequel s'occupe bénévolement de l'entretien de diverses autres tombes d'aviateurs et à la sauvegarde de leur mémoire, s'est imposée d'elle même comme bouquet final à leurs investigations Ramonssenaises.
En effet, aussi étrange que cela puisse paraître, Georges CASABONNE ne demeure qu'à une petite cinquantaine de kilomètres de ........ Luxey. Il y a des signes qui ne trompent pas.

" Aide toi, le ciel t'aidera" ne cessait de répéter Yves alors qu'il grattait un énième petit bout d'aluminium qui demeurerait encore une fois totalement muet sur son passé.
"J.P, aide nous, bon sang! Tu nous regardes de là-haut, fais nous un signe" implorait comiquement Francis, en proie à ses courbatures, après plusieurs heures de fouille.
"Du bec et des ongles", n'est-elle pas la devise de l'Escadron de chasse NAVARRE auquel a appartenu le pilote Jean Pierre CASABONNE?


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Message par yves philippe le Jeu 5 Juil 2012 - 10:30

Et que penser des réponses du pendule d'André CLAUDEL? ......

En marge de la cérémonie du 27 Avril 2012 à Luxey, Yves et Francis lèguent symboliquement quelques reliques du P-47-D Bubble-top tombé à Ramonchamp à Georges CASABONNE venu les rejoindre.

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Vue du petit coffret, remis à M. CASABONNE, contenant les fragments de l'avion tombé à Ramonchamp. 

C'est dans cette ambiance chaleureuse fortement teintée de l'accent du Sud Ouest, que nos deux Vosgiens (qui comme chacun sait, n'ont absolument aucun accent), ferment la page CASABONNE.

Afin de boucler la boucle définitivement, l'idée de remettre symboliquement une piece du P-47-D numéro 70 à l'escadron Navarre, aujourd'hui basé à Nancy a germé naturellement dans l'esprit de nos historiens.
Francis prend donc contact avec l'Officier tradition de cet escadron de chasse. Le geste proposé est retenu par les militaires, la date du 22 Juin est retenue pour rendre à NAVARRE ce qui lui appartient.

Dans cette perspective, André GEHANT, visité à maintes reprises par Francis, a accepté l'idée de se démunir de la pale d'hélice et du cylindre qu'il détenait encore. Ces objets sont pris en compte par Francis au début du Mois de Mai.

Yves s'engage à restaurer la pale qui a subi l'agression du temps et de l'humidité lors des longues décennies où elle était restée fichée dans la terre acide du bois du Hétray. Francis, de son côté s'évertue à rendre au cylindre un aspect présentable.


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Message par yves philippe le Jeu 5 Juil 2012 - 10:37

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Vue partielle de la pale restaurée avec son historique laconique

Le vendredi 22 Juin 2012, à l'occasion du 95ème anniversaire de l'escadron 1/4 Navarre, devenu 1/3 depuis quelques années, Yves et Francis clos en beauté leur enquête.
En présence du Lieutenant Colonel Speth, commandant cet escadron, et de nombreuses autorités de l'armée de l'air, la pale du P-47 N° 70 reprend son statut militaire.
Nul doute qu'elle trouvera sa place de façon à rappeler aux jeunes recrues le passé glorieux de cet escadron.

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Sur la table, vue de la pale et du cylindre dans les locaux de l'Escadron 1/3 Navarre, lors de la remise

rendons au Navarre ce qui appartient au Navarre

Une page se tourne, certes, mais Yves et Francis savent d'ores et déjà que leur petite aventure humaine, partie d'une simple anecdote, n'est que le prélude à d'autres recherches qui les attendent déjà.
En effet, les investigations qu'ils ont menées pour identifier "le P-47 Thunderbolt de Ramonchamp" les ont conduits incidemment ..... sur six autres lieux de crash.... lesquels attendent toujours qu'on pense à eux, mais de manière respectueuse et constructive cette fois-ci.
Se termine donc ainsi cette belle histoire qui ressurgit de son passé, comme pour rappeler qu'au cours de ce dernier conflit, les aviateurs Français, dont on a très peu parlé, ont donné tout leur courage, eux aussi, et souvent leur vie pour défendre notre France occupée.
Honneur à eux.


Dernière édition par yves philippe le Jeu 5 Juil 2012 - 11:36, édité 2 fois
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Re: Automne 1944, crash d'un avion allié à Ramonchamp - Sergent Chef Jean Pierre Casabonne

Message par Francis Froidevaux le Jeu 5 Juil 2012 - 10:45

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Re: Automne 1944, crash d'un avion allié à Ramonchamp - Sergent Chef Jean Pierre Casabonne

Message par yves philippe le Jeu 5 Juil 2012 - 11:44



Merci Francis

à la santé également de tous ceux qui nous ont aidé

à celle de celles et ceux qui liront ces lignes

à chelle de chelle et cheux qui nous aideront encore

ànoaviateursetàleurzavions

etquandonaurafininoszavions, hic, on chercheralesbateauxdanslamozelle hic



Dernière édition par yves philippe le Lun 9 Juil 2012 - 10:13, édité 1 fois
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Re: Automne 1944, crash d'un avion allié à Ramonchamp - Sergent Chef Jean Pierre Casabonne

Message par Francis Froidevaux le Jeu 5 Juil 2012 - 15:44

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Re: Automne 1944, crash d'un avion allié à Ramonchamp - Sergent Chef Jean Pierre Casabonne

Message par yves philippe le Sam 27 Avr 2013 - 21:22

Francis Froidevaux a écrit:

Pres d un an après la fin de nos tribulations, un petit événement est venu confirmer ce que nous avançons dans l'historique figurant ci dessus.

En effet, l'éveille de la famille Casabonne quant au passé de pilote de leur aïeul, dont elle ne savait que très peu de chose,
l'a incitée à plonger dans les archives familiales. Et là, bien au chaud, au fond d un carton de photos, un document de valeur revenait en surface.

Il s'agit d'une photo, envoyée par des gens de Ramonchamp, à Jean Pierre Casabonne, en souvenir du sauvetage dont il avait fait l objet sur les pente du Gramont en Octobre 1944.

Ce cliché vient de nous être communiqué par la famille du pilote, et je m empresse de le joindre ici, où il a toute sa place.

Posant derrière son parachute, Jean Pierre Casabonne ( le 3eme en partant de la gauche) apprécie une cigarette parmi les résistants locaux

Un grand merci à la famille Casabonne pour le concours que vous nous avez apporté - Bien cordialement

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Re: Automne 1944, crash d'un avion allié à Ramonchamp - Sergent Chef Jean Pierre Casabonne

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