Le 5 Février 1944, crash d'un avion allié au Ménil

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Le 5 Février 1944, crash d'un avion allié au Ménil

Message par yves philippe le Sam 22 Jan 2011 - 0:44

Le Samedi 05 février 1944 vers 23heures, le bombardier N° EF469 de l'escadrille 196 de la RAF pénètre dans une couche de brouillard qui enveloppe les sommets du Ménil. Après avoir touché les arbres, l'avion s'écrase à proximité de la cote 1008 entre Le Ménil et Travexin.

L'équipage est composé de l'Officier pilote T.MOORE, de l'officier navigateur JR LINDEY,des sergents L.H WOODRUFF Bombardier, B.H TOWN Mitrailleur, J.F BARLETT Mitrailleur,
A.J CARDIFF Radio Mitrailleur et G.N HEMMINGS l'Ingénieur de vol.

Parmi les sept hommes d'équipage, deux blessées, Gordon Hemming et A.J Cardiff parviennent à se réfugier, malgré la nuit et la neige, dans le chalet du Rupt de la Sauce, à 1200 mètres du crash. L'un ne peut plus marcher, il est porté par l'autre qui ne voit plus.

Deux autres rescapés, Town et Barlett, parviendront à atteindre le village de Travexin. Malheureusement les trois derniers aviateurs décèdent dans le crash.

Les soldats T MOORE, J.R LINDEY et L.H WOODRUFF sont inhumés au cimetière communal de Cornimont.


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
avatar
yves philippe
MODERATEUR
MODERATEUR

Nombre de messages : 1489
Ville : rupt sur moselle
Age : 52
Points : 1974
Date d'inscription : 28/12/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le 5 Février 1944, crash d'un avion allié au Ménil

Message par yves philippe le Lun 12 Sep 2011 - 22:44

Ce bombardier, un Short Stirling était équipé de 8 mitrailleuses Browning de 7.7 m.

Sa carlingue a été récupérée par l'autorité allemande et transférée, par les trains au départ du Thillot vers les fonderies pour le recyclage des métaux, très prisés en cette fin de guerre.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
avatar
yves philippe
MODERATEUR
MODERATEUR

Nombre de messages : 1489
Ville : rupt sur moselle
Age : 52
Points : 1974
Date d'inscription : 28/12/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le 5 Février 1944, crash d'un avion allié au Ménil

Message par yves philippe le Lun 12 Sep 2011 - 22:49

les rares débris qui subsistent sont presques tous totalement fondu.

Je détiens simplement un couvercle de tube contenant un deshumidificateur, destiné à garder les munitions au sec
( j'ai surligné l'inscription afin qu'elle soit plus voyante )

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
avatar
yves philippe
MODERATEUR
MODERATEUR

Nombre de messages : 1489
Ville : rupt sur moselle
Age : 52
Points : 1974
Date d'inscription : 28/12/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le 5 Février 1944, crash d'un avion allié au Ménil

Message par yves philippe le Lun 12 Sep 2011 - 22:53

J'ai aussi un morceau métallique tubulaire dans lequel était fixé une partie en bois.

Je ne sais pas si il est lié à cet avion ou aux violents combats qui ont eu lieu sur ce secteur quelques mois plus tard.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
avatar
yves philippe
MODERATEUR
MODERATEUR

Nombre de messages : 1489
Ville : rupt sur moselle
Age : 52
Points : 1974
Date d'inscription : 28/12/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le 5 Février 1944, crash d'un avion allié au Ménil

Message par yves philippe le Lun 12 Sep 2011 - 22:56

Si quelqu'un peut m'éguiller sur cet objet..... ? Ca ressemble à un support d'arme (?)

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
avatar
yves philippe
MODERATEUR
MODERATEUR

Nombre de messages : 1489
Ville : rupt sur moselle
Age : 52
Points : 1974
Date d'inscription : 28/12/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le 5 Février 1944, crash d'un avion allié au Ménil

Message par MOSELLE57 le Dim 2 Oct 2011 - 0:50

Bonjour,

Ayant quelque peu travaillé sur ce crash, je me permets de compléter ce dossier.
Bien cordialement
Moselle57 (Eric Klamerek)
L'histoire:
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

Photos de Gordon Hemmings ( dont celle prise à son arrivée au luftstalag)
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

Fiche de Mouvement de l'EF 469 mentionnant sa disparition
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

le lieu de crash
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

Pour Finir, l'aileron arrière Gauche de l'EF 469 que j'expose dans ma collection
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

*********



Dernière édition par MOSELLE57 le Dim 2 Oct 2011 - 14:50, édité 1 fois

MOSELLE57
2ème CANONNIER
2ème CANONNIER

Nombre de messages : 4
Ville : Moselle
Age : 57
Points : 8
Date d'inscription : 31/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le 5 Février 1944, crash d'un avion allié au Ménil

Message par yves philippe le Dim 2 Oct 2011 - 9:13

[quote="MOSELLE57"]Bonjour,

Ayant quelque peu travaillé sur ce crash, je me permets de compléter ce dossier.
Bien cordialement
Moselle57 (Eric Klamerek)
L'histoire:


Beau complément, merci MOSELLE-57

et belle pièce de musée,
Heureusement qu'il existe encore de vrai collectionneur, c'est à dire des gens qui sauvegardent pour rendre à l'histoire ce qui lui appartient

J'ai personnellement correspondu avec Gordon Hemming à la fin des années 70, pour le compte de mon grand père avec qui il avait des liens.
Un de mes oncles ( 16 ans en 1944 ) avait, comme beaucoup, récupéré à l' époque, quelques pièces sur le lieu du crash.
En 1972, il avait fait parvenir une croix de lorraine marquée du V de la victoire à Gordon. Cette croix avait été façonnée dans un fragment d'aluminium provenant de l'avion.
Après ce geste, Gordon est venu nous voire et a passé quelques jours au Ménil et était allé, avec mon grand père et le maire de la commune sur le lieu même du crash, très précisément indexé sur ton plan de situation.

Par ailleurs, Il faut savoir qu'à cet endroit précis sera prochainement inauguré une stèle ( probable transfert de celle qui est actuellement avec celle des paras quelques centaines de mètres plus bas )


Dernière édition par yves philippe le Dim 2 Oct 2011 - 13:45, édité 1 fois
avatar
yves philippe
MODERATEUR
MODERATEUR

Nombre de messages : 1489
Ville : rupt sur moselle
Age : 52
Points : 1974
Date d'inscription : 28/12/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le 5 Février 1944, crash d'un avion allié au Ménil

Message par yves philippe le Dim 2 Oct 2011 - 9:17

Vue de l emplacement ou la stèle sera érigée.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
avatar
yves philippe
MODERATEUR
MODERATEUR

Nombre de messages : 1489
Ville : rupt sur moselle
Age : 52
Points : 1974
Date d'inscription : 28/12/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le 5 Février 1944, crash d'un avion allié au Ménil

Message par MOSELLE57 le Dim 2 Oct 2011 - 11:18

Bonjour à tous, Bonjour Yves,

J'ai travaillé sur ce crash à partir de janvier 1994, partant d'un morceau d'aluminium trouvé sur le terrain lors d'une ballade en forêt. J'ai également beaucoup correspondu avec Gordon Hemmings pendant plusieurs années, ce qui m'a conduit à faire en finalité un encart dans la revue de haute Moselle afin de "raviver " la mémoire. A l'époque, j'en étais particulièrement satisfait après avoir été contacté par le Souvenir Français local pour l'établissement de cette fameuse stèle.
Bien évidemment, il y a eu des imperfections , cette stèle rend hommage aux aviateurs Anglais alors que Lionel-Howard Woodruff était canadien. Quant à son implantation à proximité de la cote 1008 prés du monument des paras, il s'agissait à l'époque d'un problème de budget car il n'était pas envisageable d'aménager une zone de mémoire à la futaie. Par ailleurs, ce choix avait l'avantage de commémorer l'événement en même temps que celle des paras ( le premier WE d' Octobre). Par ailleurs, l'histoire du crash veut que lorsque le Short Stirling EF469 a accroché la forêt c'était par la queue et l'aileron arrière gauche a été retrouvée à la hauteur de l'emplacement du monument des paras. L'avion s'est ensuite "posé" dans la forêt au milieu des sapins d'où l'existence de rescapés.
Concernant l'emplacement , la zone de la futaie sera plus difficilement accessible mais cela reste sans doute le meilleur choix pour le souvenir. et c'est avec un réel plaisir que j'en prends connaissance (et veillerai a être présent à l'inauguration ...).
Lors de mon enquête, j'ai pu également retracer tout le parcours de mémoire et de rencontre qu'avait réalisé Gordon auprès des acteurs de l'époque notamment en 1972 et 1976.

Je me permets de joindre un cliché, si je ne m'abuse ne devrait pas vous laisser indifférent...si vous ne le connaissait pas. (Nous sommes en juin 1972)

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

Bien Cordialement
Moselle57 (Eric)



MOSELLE57
2ème CANONNIER
2ème CANONNIER

Nombre de messages : 4
Ville : Moselle
Age : 57
Points : 8
Date d'inscription : 31/07/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le 5 Février 1944, crash d'un avion allié au Ménil

Message par yves philippe le Dim 2 Oct 2011 - 13:43

ho! que c'est étrange, j'ai la même à la maison .......

à gauche René PERNEL, le maire de l'époque, et à droite Henri PHILIPPE ( Mon Grand père)
Au centre, un des caissons largués en Septembre 1944 pour alimenter le maquis du Peut Haut.

pour plus d information se reporter aux rubriques Stèles et monuments et Cimetieres et carrés militaires du présent forum ).

avatar
yves philippe
MODERATEUR
MODERATEUR

Nombre de messages : 1489
Ville : rupt sur moselle
Age : 52
Points : 1974
Date d'inscription : 28/12/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le 5 Février 1944, crash d'un avion allié au Ménil

Message par yves philippe le Jeu 29 Déc 2011 - 16:46

a l'issue de la cérémonie d'inauguration de la nouvelle stèle le 09 Octobre 2011, dévolue à ces sept aviateurs
j'ai fais parvenir mon dernier livre à Gordon Hemmings, où figure quelques passages relatifs à cet évenement.
A la lecture de ces lignes, Gordon a eu la gentillesse de me communiquer ses souvenirs.

Après traduction de son écrit, je vous communique ce qu'il a vecu juste après le crash :

Lorsque nous avons percuté le sol, l'équipement radio s'est détachée et a brisé mon genou droit pris par le bas par le tranchant du seuil de la porte de la carlingue, me causant une blessure qui est encore évidente aujourd'hui par sa cicatrice.
Ma jambe a été ainsi piégée. En quelques secondes l'essence des conduites de carburant fracturées dans l'aile s'est enflammée. Le feu s'est rapidement étendu par l'essence qui jaillit des conduites de carburant d'intercommunication. Elle s'est répandue par le longeron principal, juste à l'arrière de l'endroit où j'ai été pris au piège.
Je devais sortir ou brûler, donc en tordant mon articulation du genou sur un angle impossible, j'ai pu bouger l'épave de la radio et la hisser suffisamment pour libérer ma jambe.
La partie avant de l'avion était juste un enchevêtrement de débris en feu, il m'était impossible de passer à travers. Ma seule solution était donc de passer à travers le rideau de combustion de l'essence pour sortir par la porte à l'arrière.
J'étais toujours porteur de mon casque de vol, avec les lunettes repoussées sur mon front, je les ai tirées vers le bas pour protéger mes yeux et ai fait une plongée à travers les flammes.
Comme j'avais une vision brouillés de l'avion, j'ai réalisé que mon casque trempé par l'essence brûlait. Je l'ai donc arraché ainsi que mes lunettes et les ai jetés loin de moi.

Je n'étais pas complètement conscients à l'époque que je avais subi une blessure grave, et la première pensée consciente que j'ai eu était de sortir des balles qui explosaient par le feu.

Notre avion s'était écrasé dans une épaisse forêt de sapins, alors j'ai choisi le plus gros tronc d'arbre que j'ai pu voir, pour me mettre à l'abri de lui.

Puis s'est produite le moment le plus bizarre de tout l'épisode. La seule pensée dans ma tête était «Je dois aller au sud." J'ai donc pris de ma poche de poitrine un crayon qui avait un clip magnétique sur lui - l'une de nos aides s'échapper .
Il avait une petite dent au point d'équilibre, de sorte que lorsque posé sur la pointe du crayon, il indiquait le nord.
Pour la deuxième fois dans une affaire de quelques minutes ma vie a été sauvée, comme vous le verrez dans un instant.
J'ai regardé derrière l'arbre, l'épave était maintenant un brasier, et je ne pouvais rien voir passer dans le voisinage, j'étais donc tout à fait sûr que j'étais le seul qui avait réchappé.

Je pars en direction du sud, vers une descente, ce qui était tout aussi bien pour moi, parce que je me suis vite rendu compte qu'il y avait quelque chose de très douloureux dans mon genou.
Dans la neige profonde j'ai progressé principalement par des combinaisons successives de décalages, de glissades et de roulades.
Dans l'espacement des arbres, il m'est apparu que j'arrivais par hasard sur un chemin , allant justement dans le sens que je voulais. Après environ un demi mile je suis tombé sur une petite cabane en bois, qui s'est avérée être une cabane refuge de montagne, le seul abri, comme je l'appris plus tard, à des miles dans n'importe quelle direction. ( Il s'agit du Chalet du Rupt de la Sauce – NDR ) Que dites-vous de ce bon cours de boussole?

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

voici en haut le chalet du Rupt de la Sauce tel que Gordon l'a trouvé en 1944 et en bas tel qui est aujourd'hui
avatar
yves philippe
MODERATEUR
MODERATEUR

Nombre de messages : 1489
Ville : rupt sur moselle
Age : 52
Points : 1974
Date d'inscription : 28/12/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le 5 Février 1944, crash d'un avion allié au Ménil

Message par yves philippe le Jeu 29 Déc 2011 - 16:49

suite des souvenirs de Gordon :

Je suis entré et je me suis trouvé dans une seule pièce d'environ 12 pieds carrés, avec une petite table grossière, un banc, et, le ciel soit loué, un petit poêle en fonte. Sur un mur se trouvait une échelle à la verticale d'un trou fait dans le plafond. Je l'ai empruntée et ai trouvé dans le grenier un bon approvisionnement de bois.

A ce moment là, j'ai commencé à remarquer combien j'avais froid, donc j'ai laissé tomber un bon nombre de journaux sur le sol, et j'ai commencé à penser à faire un feu. Il y avait un petit tas de brindilles sur le bord du poêle, et je suis allé les briser en petites longueurs pour pouvoir les mettre dans le poêle.
C'est alors que j'ai réalisé que je n'avais pas du tout de peau sur la paume de ma main droite. Alors je me suis mis à casser les brindilles avec ma main gauche et mon pied gauche.

J'ai déchiré ma Mae West ( probablement un gilet qui faisait partie de l'équipement du pilote NDR) avec mon couteau et extrait quelques-unes des fibres pour allumer le feu, puis dans un court laps de temps d'ajouter des journaux.
L'état de ma main gauche attira alors mon attention, parce que bien que la paume était intacte, le dos de celle-ci était vraiment bien brûlé. Cela m'a incité à un examen plus approfondi, et j'ai réalisé que mon visage était également brûlé, mis à part le tour des yeux qui avaient été protégés par mes lunettes. Une certaine quantité semble manquer à mon oreille gauche, évidemment, là où mon casque avait été brûlant.
J'ai aussi pris conscience que ma botte droite me gênait. J'ai alors seulement constaté que mon genou saignait abondamment et que le liquide dans ma botte était du sang.
Je l'ai bandé avec mon écharpe aussi étroitement que possible.

C'est alors que j'ai entendu le bruit de quelqu'un qui s'approchait et qui appelait. Plein d'espoir je suis allé à la porte. Par chance, il s'agissait de l'opérateur radio, Cardiff. Il s'est avéré qu'après une errance près de la zone de l'accident, il avait rencontré ma piste et l'a suivie vers le bas.
Lui aussi n'avait vu aucun signe de vie en échappant de l'épave.

Il était aux environs de 23h30, nous avons donc décidé que, comme il neigeait toujours, nous ne pouvions rien faire de mieux que de rester dans la chaleur de la cabane pour la durée de la nuit au moins. Nous étions tous deux évidemment très épuisés et nous avons dormi par à-coups sur le plancher, s’entraidant, de temps en temps pour ajouter des journaux sur le feu.

Quand il fit plus clair, nous avons évalué la situation plus en détail. Cardiff avait été gravement brûlé autour des yeux et ses paupières gonflées faisaient donc qu'il ne pouvait pas les ouvrir.
En les ouvrant légèrement avec ses doigts nous avons constaté que sa vue n'a pas été endommagé, mais cela ne change pas le fait que, en fin de compte, il était temporairement aveugle.
Maintenant les dégâts de ma jambe commençaient à se faire sentir, je ne pouvais plus mettre de poids sur elle. J'ai trouvé un morceau de branche d'arbre parmi ceux qui se trouvaient dans la cabane. Il me servi comme une béquille de fortune. J'ai pensé que je pourrais maintenant bouger autour de la cabane, mais aller jusqu'à la porte et l'ouvrir a tué ce peu d'optimisme que j'avais.

Il avait cessé de neiger pendant la nuit et la visibilité était assez bonne - sauf qu'il n'y avait rien à voir. En regardant à travers la pente descendante de la montagne, je ne pouvais voir que de vastes étendues de neige, couvertes de forêts. Pas un signe de maison, pas plus de fumée révélatrice qui s’échappait, rien qu'un silence tel que je n'en avais jamais connu, avant ou connu depuis.
Nous avons ouvert nos Packs Escape ( boite de survie NDR) et déjeuné avec quelques comprimés Horlicks.

Maintenant était venu le temps de discuter sérieusement de notre situation, mais dès que nous sommes arrivés au cœur du sujet, il n'y avait plus rien à discuter. Paddy ne pouvait pas voir, et je ne pouvais pas marcher. Je pouvais gérer avec ma béquille sur un terrain plat et sans neige, mais vu le type de la pente auxquelles nous devions faire face, il en était hors de question. Nous allions devoir rester sur place.

A la faveur de la matinée il ne nous restait qu'à espérer que quelqu'un ait entendu le crash et viendrait enquêter.
Je ne pense pas que nous avions réalisé que nous nous trouvions dans un endroit si isolé. Comme nous avions soif, nous avons essayé les bouchées de neige, pour constater que cela ne nous soulageait pas du tout.
Mais à partir de la porte de la hutte je pouvais entendre le cours d'un ruisseau dans lequel un filet d'eau semblait couler. Dans le Pack Evasion se trouvait un sac étanche. Cardiff s'est aventuré, tandis que je l'orientais «à droite un peu - tout droit», jusqu'à ce qu'il arrive à la rivière pour y remplir le sac d'eau.

Avec la journée qui avançait, mes blessures ont vraiment commencé à me faire très mal, et j'ai réalisé que nous étions susceptibles de mourir là-bas. Bizarrement, j'ai trouvé que je pouvais envisager cette perspective, et je me suis installé dans une sorte de paix a démissionner et je me souviens que je n'avais pas particulièrement peur.
Je n'avais jamais eu beaucoup de conviction à l'idée d'un au-delà, et maintenant je trouvais que l'idée de l'oubli n'est pas désagréable. Toutefois, au cours de cette journée, avec des mouvements constants de la porte, dans le vain espoir de voir une certaine perspective différente, j'ai trouvé que la neige dans mon esprit devenait un ennemi direct et actif.
A ce jour, je déteste la neige, avec une intensité de sentiment qu'il est difficile de décrire, et qui va bien au-delà de la sensation normale de désagréments que la neige apporte.

La seule lumière brillante dans notre situation était qu'il y avait une abondance de journaux dans le grenier, nous étions donc au moins au chaud, ce qui, compte tenu de nos blessures, était le plus important.
Comme la journée s'étirait, nous nous sommes résignés à passer une autre nuit identique à la précédente.

Puis vint le premier rayon d'espoir. Si faiblement que nous n'étions pas sûrs, nous avons pensé que nous avons entendu des voix. J'ai attrapé ma béquille et me suis précipité vers la porte. Oui, il n'y avait aucun doute, quelque part à une certaine la distance se trouvaient d'autres êtres humains.

J'ai tiré un coup de sifflet, lequel était attaché à la boutonnière de ma veste de combat, avec tous les forces de mes poumons. J'arrachais rapidement un souffle et un autre souffle, puis, en supposant que les inconnus seraient français, j'ai crié «Au secours!" encore et encore.
Il y eu un cri qui m'a répondu mais que je ne pouvais décrypter alors j'ai continué avec des sons brefs au sifflet. Après plusieurs minutes, les ombres apparurent à travers les arbres, et une demi-douzaine de Français, des adolescents et des hommes dans la vingtaine d'années, est venue vers la cabane.

Que j'étais content de m’être spécialisé en langues modernes à l'école !
Ces gens-là ne se sont pas attardé sur notre état lamentable, et ont travaillé sur l'idée que notre but principal était de rester hors des mains des Allemands.
Ce n'est qu'après une quantité considérable de discussion que j'ai réussi à obtenir à travers à eux que nous n'étions pas en état de penser à une quelconque évasion mais que notre principale priorité était un médecin.

Une fois cela établi,ils nous ont expliqué que c'était un long chemin vers la plus proche des maisons, qu'ils devaient redescendre pour obtenir un traîneaux afin nous transporter et que cela mettrait quelque temps.
Je lui ai répondu que nous venions de passer tant de temps dans le désespoir, et que nous n'allions pas à nous inquiéter à ce sujet pour une paire d'heures supplémentaires. Alors ils sont repartis, nous laissant quelques mots d'encouragement.

A cette époque, il commençait à faire sombre, mais comme la nuit précédente, il avait une pleine lune, et ce soir, le ciel était si clair qu'il faisait presque comme en plein jour, donc nous savions qu'ils n'auraient aucune difficulté à cet égard.
Effectivement, nous avons finalement entendu leurs voix à nouveau et ils ont réapparu avec des renforts et deux traîneaux. Ils nous ont chargés, nous couvrant de couvertures et nous ont attachés solidement en place sur les traineaux.
Comme nous progressions sur les pistes, nous avons réalisé combien c'était nécessaire, pour la majorité de l'équipe de secours, de se trouver à l'arrière, accroché à des cordes pour empêcher les traîneaux de s'enfuir. Mais ils étaient évidemment habitués à ces conditions et j'ai été très content de faire confiance à leur expertise.
Après un long moment nous sommes sortis des arbres, et en bas, je pouvais voir une poignée de maisons. ( Il s'agit des maisons situées au Col des Fenesses – Ferme Jeune NDR)

Nous avons atteint la première, et nous avons réalisées qu'à l'intérieur n'étaient disposés que des matelas sur le sol. Bizarrement, il n'y avait pas de meubles dans la maison, pas de tapis sur le plancher, et les gens semblaient aller et venir comme bon leur semblait.
Quelques minutes plus tard, deux soldats allemands sont entrés dans la chambre, en passant, un m'a demandé si nous étions armés. Après l'avoir assuré que nous n'étions pas, ils sont partis comme si nous ne les intéressions pas.

Un couple des Français est sorti peu de temps avec eux et revint pour me dire qu'ils étaient allés organiser le transport pour nous amener de là. Je me souvins alors que l'évasion packs contenait de l'argent véritable français - environ £ 70 en valeur de l'anglais pendant la guerre dans chaque paquet. (Cela représentait peut être trois mois de salaire moyen à l'époque). Alors, j'ai pris les deux packs et les donna à l'un des Français, il les distribua aux gens qui étaient présents.

Finalement, les deux soldats réapparurent. Nous avons été portés jusqu'à l'extérieur et mis dans la voiture qu'ils avaient apportés. Après quelques miles nous sommes arrivés à l'édifice où le détachement local allemand était stationnée. Nous avons été portés à l'intérieur où nous attendait le médecin français de la petite ville voisine de Cornimont. ( Il s'agit du café Chevrier ( dit Noni, puis «  Chez Madelon » par la suite, situé au pied du Col des Fensses NDR ).

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

vue de l ancien café CHEVRIER
avatar
yves philippe
MODERATEUR
MODERATEUR

Nombre de messages : 1489
Ville : rupt sur moselle
Age : 52
Points : 1974
Date d'inscription : 28/12/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le 5 Février 1944, crash d'un avion allié au Ménil

Message par yves philippe le Jeu 29 Déc 2011 - 16:59

SUITE ET FIN

Cardiff était assis dans un fauteuil lorsqu'il est entré. Le médecin l'a rapidement regardé et a alors décidé que je avais un besoin plus urgent de traitement. Ils m'avaient posé sur une table, et il a rapidement fendu mon pantalon par le bas au-dessus du genou. Il a ausculté mon genou pendant quelques secondes, puis il dit en français: «Je suis désolé mais je n'ai aucun anesthésique."

Le jeune Lieutenant Allemand, évidemment un responsable, devait comprendre le français, il traversa la pièce, tendit la main au-dessus de ma poitrine et me sourit. Je n'ai pas eu besoin de mots, et je saisis cette main que j'ai accroché de toutes mes forces tandis que le médecin commençais à travailler sur mon genou. Au moment où le médecin avait fini avec ma jambe, j'avais marqué de sang du dos de la main de cet homme avec mes ongles, mais il n'a jamais bougé jusqu'à ce que le travail soit terminé.
Le médecin a alors trouvé en plus trois coupures sur ma tête, que je n'avais même pas remarquées. Ces blessures soignées, le médecin a expliqué qu'il était préférable pour le moment de laisser les brûlures comme elles étaient.
Il m'a donné une injection à ce sujet plus tard - et a ensuite assisté à Cardiff ..
Retour dans la voiture avant un voyage qui m'a semblé interminable, mais qui n'était en fait que d' une vingtaine de miles. Là, à Epinal, se trouvait un hôpital, avec une boisson chaude, puis vers minuit, le sommeil d'épuisement dans un vrai lit.

******************************************************************************
Sur la mission proprement dite, Gordon n'en sait que tres peu de chose, seul le pilote et le navigateur étaient informés de l'objectif.
Toutefois, il pense savoir que le but de leur mission était le ravitaillement des maquis qui étaient fréquentés par Harry REE, un agent Anglais qui organisait la résistance des maquis regroupés autour de la mission Stockbroker.
ces maquis s'étendant dans la région de DIJON - SOCHAUX
pour l'instant je ne sais pas si le parachutage a eu lieu avant le crash ( probablement que oui ).
avatar
yves philippe
MODERATEUR
MODERATEUR

Nombre de messages : 1489
Ville : rupt sur moselle
Age : 52
Points : 1974
Date d'inscription : 28/12/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le 5 Février 1944, crash d'un avion allié au Ménil

Message par yves philippe le Jeu 29 Déc 2011 - 17:03

Gordon a eu également la gentillesse de me communiquer la collection qu'il détient composé d'élément de son avion.
On y aperçoit la croix de la résistance, frappée du V de la victoire, taillée dans un morceau de carlingue par mon oncle
laquelle lui a été transmise symboliquement dans les années 70 en guise d'amitié et de reconnaissance

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
avatar
yves philippe
MODERATEUR
MODERATEUR

Nombre de messages : 1489
Ville : rupt sur moselle
Age : 52
Points : 1974
Date d'inscription : 28/12/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le 5 Février 1944, crash d'un avion allié au Ménil

Message par yves philippe le Dim 28 Avr 2013 - 15:54

voici deux articles parus dans la presse écrite le 08 Octobre 2011 ( Edition Vosges Matin )

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
avatar
yves philippe
MODERATEUR
MODERATEUR

Nombre de messages : 1489
Ville : rupt sur moselle
Age : 52
Points : 1974
Date d'inscription : 28/12/2010

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le 5 Février 1944, crash d'un avion allié au Ménil

Message par Fondateur le Mer 11 Mai 2016 - 16:12

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

_________________
"Parce qu'un homme sans mémoire est un homme sans vie, un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir."
Maréchal de France Ferdinand FOCH
avatar
Fondateur
FONDATEUR
FONDATEUR

Nombre de messages : 1220
Ville : Chcago
Age : 51
Emploi/loisirs : Historien, écrivain conférencier
Points : 2448
Date d'inscription : 08/02/2009

Voir le profil de l'utilisateur http://www.forest.frenchboard.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le 5 Février 1944, crash d'un avion allié au Ménil

Message par Fondateur le Mer 11 Mai 2016 - 16:13


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

_________________
"Parce qu'un homme sans mémoire est un homme sans vie, un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir."
Maréchal de France Ferdinand FOCH
avatar
Fondateur
FONDATEUR
FONDATEUR

Nombre de messages : 1220
Ville : Chcago
Age : 51
Emploi/loisirs : Historien, écrivain conférencier
Points : 2448
Date d'inscription : 08/02/2009

Voir le profil de l'utilisateur http://www.forest.frenchboard.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le 5 Février 1944, crash d'un avion allié au Ménil

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum