Le 5 Février 1944, crash d'un avion allié au Ménil

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Message par yves philippe le Sam 22 Jan 2011 - 0:44

Le Samedi 05 février 1944 vers 23 heures, le bombardier N° EF469 de l'escadrille 196 de la RAF  pénètre dans une couche de brouillard qui enveloppe les sommets du Ménil. Après avoir touché les arbres, l'avion s'écrase à proximité de la cote 1008 entre Le Ménil et Travexin.

           L'équipage est composé de l'Officier pilote  T.MOORE, de l'officier navigateur JR LINDEY,des sergents  L.H WOODRUFF Bombardier, B.H  TOWN Mitrailleur, J.F BARLETT Mitrailleur,
A.J CARDIFF Radio Mitrailleur et  G.N HEMMINGS l'Ingénieur de vol.

           Parmi les sept hommes d'équipage, deux blessées, Gordon Hemming et  A.J Cardiff parviennent à se réfugier, malgré la nuit et la neige, dans le chalet du Rupt de la Sauce, à 1200 mètres du crash. L'un ne peut presque plus marcher, il est rejoint quelques minutes plus tard par l'autre qui ne voit plus a cause de ses brûlures.

           Deux autres rescapés, Town et Barlett, parviendront à atteindre le village de Travexin. Malheureusement les trois derniers aviateurs décèdent dans le crash.  

           Les soldats   T MOORE, J.R LINDEY et  L.H WOODRUFF  sont inhumés au cimetière communal de Cornimont.


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Message par yves philippe le Lun 12 Sep 2011 - 22:44

Ce bombardier, un Short Stirling était équipé de 8 mitrailleuses Browning de 7.7 m.

Sa carlingue a été récupérée par l'autorité allemande et transférée, par les trains au départ du Thillot vers les fonderies pour le recyclage des métaux, très prisés en cette fin de guerre.

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Message par yves philippe le Lun 12 Sep 2011 - 22:49

les rares débris qui subsistent sont presques tous totalement fondu.

Je détiens simplement un couvercle de tube contenant un deshumidificateur, destiné à garder les munitions au sec
( j'ai surligné l'inscription afin qu'elle soit plus voyante )

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Message par yves philippe le Lun 12 Sep 2011 - 22:53

J'ai aussi un morceau métallique tubulaire dans lequel était fixé une partie en bois.

Je ne sais pas si il est lié à cet avion ou aux violents combats qui ont eu lieu sur ce secteur quelques mois plus tard.

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Message par yves philippe le Lun 12 Sep 2011 - 22:56

Si quelqu'un peut m'éguiller sur cet objet..... ? Ca ressemble à un support d'arme (?)

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Message par MOSELLE57 le Dim 2 Oct 2011 - 0:50

Bonjour,

Ayant quelque peu travaillé sur ce crash, je me permets de compléter ce dossier.
Bien cordialement
Moselle57 (Eric Klamerek)
L'histoire:
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Photos de Gordon Hemmings ( dont celle prise à son arrivée au luftstalag)
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Fiche de Mouvement de l'EF 469 mentionnant sa disparition
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le lieu de crash
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Pour Finir, l'aileron arrière Gauche de l'EF 469 que j'expose dans ma collection
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*********



Dernière édition par MOSELLE57 le Dim 2 Oct 2011 - 14:50, édité 1 fois

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Message par yves philippe le Dim 2 Oct 2011 - 9:13

[quote="MOSELLE57"]Bonjour,

Ayant quelque peu travaillé sur ce crash, je me permets de compléter ce dossier.
Bien cordialement
Moselle57 (Eric Klamerek)
L'histoire:


Beau complément, merci MOSELLE-57

et belle pièce de musée,
Heureusement qu'il existe encore de vrai collectionneur, c'est à dire des gens qui sauvegardent pour rendre à l'histoire ce qui lui appartient

J'ai personnellement correspondu avec Gordon Hemmings à la fin des années 70, pour le compte de mon grand père avec qui il avait des liens.
Un de mes oncles ( 16 ans en 1944 ) avait, comme beaucoup, récupéré à l' époque, quelques pièces sur le lieu du crash.
En 1972, il avait fait parvenir une croix de lorraine marquée du V de la victoire à Gordon. Cette croix avait été façonnée dans un fragment d'aluminium provenant de l'avion.
Après ce geste, Gordon est venu nous voire et a passé quelques jours au Ménil et était allé, avec mon grand père et le maire de la commune sur le lieu même du crash, très précisément indexé sur ton plan de situation.

Par ailleurs, Il faut savoir qu'à cet endroit précis sera prochainement inauguré une stèle ( probable transfert de celle qui est actuellement avec celle des paras quelques centaines de mètres plus bas )


Dernière édition par yves philippe le Jeu 17 Oct 2019 - 23:28, édité 2 fois
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Message par yves philippe le Dim 2 Oct 2011 - 9:17

Vue de l emplacement ou la stèle sera érigée.

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Message par MOSELLE57 le Dim 2 Oct 2011 - 11:18

Bonjour à tous, Bonjour Yves,

J'ai travaillé sur ce crash à partir de janvier 1994, partant d'un morceau d'aluminium trouvé sur le terrain lors d'une ballade en forêt. J'ai également beaucoup correspondu avec Gordon Hemmings pendant plusieurs années, ce qui m'a conduit à faire en finalité un encart dans la revue de haute Moselle afin de "raviver " la mémoire. A l'époque, j'en étais particulièrement satisfait après avoir été contacté par le Souvenir Français local pour l'établissement de cette fameuse stèle.
Bien évidemment, il y a eu des imperfections , cette stèle rend hommage aux aviateurs Anglais alors que Lionel-Howard Woodruff était canadien. Quant à son implantation à proximité de la cote 1008 prés du monument des paras, il s'agissait à l'époque d'un problème de budget car il n'était pas envisageable d'aménager une zone de mémoire à la futaie. Par ailleurs, ce choix avait l'avantage de commémorer l'événement en même temps que celle des paras ( le premier WE d' Octobre). Par ailleurs, l'histoire du crash veut que lorsque le Short Stirling EF469 a accroché la forêt c'était par la queue et l'aileron arrière gauche a été retrouvée à la hauteur de l'emplacement du monument des paras. L'avion s'est ensuite "posé" dans la forêt au milieu des sapins d'où l'existence de rescapés.
Concernant l'emplacement , la zone de la futaie sera plus difficilement accessible mais cela reste sans doute le meilleur choix pour le souvenir. et c'est avec un réel plaisir que j'en prends connaissance (et veillerai a être présent à l'inauguration ...).
Lors de mon enquête, j'ai pu également retracer tout le parcours de mémoire et de rencontre qu'avait réalisé Gordon auprès des acteurs de l'époque notamment en 1972 et 1976.

Je me permets de joindre un cliché, si je ne m'abuse ne devrait pas vous laisser indifférent...si vous ne le connaissait pas. (Nous sommes en juin 1972)

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Bien Cordialement
Moselle57 (Eric)



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Message par yves philippe le Dim 2 Oct 2011 - 13:43

ho! que c'est étrange, j'ai la même à la maison ....... Le 5 Février 1944, crash d'un avion allié au Ménil 893689

à gauche René PERNEL, le maire de l'époque, et à droite Henri PHILIPPE ( Mon Grand père)
Au centre, un des caissons largués en Septembre 1944 pour alimenter le maquis du Peut Haut.

pour plus d information se reporter aux rubriques Stèles et monuments et Cimetieres et carrés militaires du présent forum ).

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Message par yves philippe le Jeu 29 Déc 2011 - 16:46

a l'issue de la cérémonie d'inauguration de la nouvelle stèle le 09 Octobre 2011, dévolue à ces sept aviateurs
j'ai fais parvenir mon dernier livre à Gordon Hemmings, où figure quelques passages relatifs à cet évenement.
A la lecture de ces lignes, Gordon a eu la gentillesse de me communiquer ses souvenirs.

Après traduction de son écrit, je vous communique ce qu'il a vecu juste après le crash :

Lorsque nous avons percuté le sol, l'équipement radio s'est détachée et a brisé mon genou droit pris par le bas par le tranchant du seuil de la porte de la carlingue, me causant une blessure qui est encore évidente aujourd'hui par sa cicatrice.
Ma jambe a été ainsi piégée. En quelques secondes l'essence des conduites de carburant fracturées dans l'aile s'est enflammée. Le feu s'est rapidement étendu par l'essence qui jaillit des conduites de carburant d'intercommunication. Elle s'est répandue par le longeron principal, juste à l'arrière de l'endroit où j'ai été pris au piège.
Je devais sortir ou brûler, donc en tordant mon articulation du genou sur un angle impossible, j'ai pu bouger l'épave de la radio et la hisser suffisamment pour libérer ma jambe.
La partie avant de l'avion était juste un enchevêtrement de débris en feu, il m'était impossible de passer à travers. Ma seule solution était donc de passer à travers le rideau de combustion de l'essence pour sortir par la porte à l'arrière.
J'étais toujours porteur de mon casque de vol, avec les lunettes repoussées sur mon front, je les ai tirées vers le bas pour protéger mes yeux et ai fait une plongée à travers les flammes.
Comme j'avais une vision brouillés de l'avion, j'ai réalisé que mon casque trempé par l'essence brûlait. Je l'ai donc arraché ainsi que mes lunettes et les ai jetés loin de moi.

Je n'étais pas complètement conscients à l'époque que je avais subi une blessure grave, et la première pensée consciente que j'ai eu était de sortir des balles qui explosaient par le feu.

Notre avion s'était écrasé dans une épaisse forêt de sapins, alors j'ai choisi le plus gros tronc d'arbre que j'ai pu voir, pour me mettre à l'abri de lui.

Puis s'est produite le moment le plus bizarre de tout l'épisode. La seule pensée dans ma tête était «Je dois aller au sud." J'ai donc pris de ma poche de poitrine un crayon qui avait un clip magnétique sur lui - l'une de nos aides s'échapper .
Il avait une petite dent au point d'équilibre, de sorte que lorsque posé sur la pointe du crayon, il indiquait le nord.
Pour la deuxième fois dans une affaire de quelques minutes ma vie a été sauvée, comme vous le verrez dans un instant.
J'ai regardé derrière l'arbre, l'épave était maintenant un brasier, et je ne pouvais rien voir passer dans le voisinage, j'étais donc tout à fait sûr que j'étais le seul qui avait réchappé.

Je pars en direction du sud, vers une descente, ce qui était tout aussi bien pour moi, parce que je me suis vite rendu compte qu'il y avait quelque chose de très douloureux dans mon genou.
Dans la neige profonde j'ai progressé principalement par des combinaisons successives de décalages, de glissades et de roulades.
Dans l'espacement des arbres, il m'est apparu que j'arrivais par hasard sur un chemin , allant justement dans le sens que je voulais. Après environ un demi mile je suis tombé sur une petite cabane en bois, qui s'est avérée être une cabane refuge de montagne, le seul abri, comme je l'appris plus tard, à des miles dans n'importe quelle direction. ( Il s'agit du Chalet du Rupt de la Sauce – NDR ) Que dites-vous de ce bon cours de boussole?

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voici en haut le chalet du Rupt de la Sauce tel que Gordon l'a trouvé en 1944 et en bas tel qui est aujourd'hui
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Message par yves philippe le Jeu 29 Déc 2011 - 16:49

suite des souvenirs de Gordon :

Je suis entré et je me suis trouvé dans une seule pièce d'environ 12 pieds carrés, avec une petite table grossière, un banc, et, le ciel soit loué, un petit poêle en fonte. Sur un mur se trouvait une échelle à la verticale d'un trou fait dans le plafond. Je l'ai empruntée et ai trouvé dans le grenier un bon approvisionnement de bois.

A ce moment là, j'ai commencé à remarquer combien j'avais froid, donc j'ai laissé tomber un bon nombre de journaux sur le sol, et j'ai commencé à penser à faire un feu. Il y avait un petit tas de brindilles sur le bord du poêle, et je suis allé les briser en petites longueurs pour pouvoir les mettre dans le poêle.
C'est alors que j'ai réalisé que je n'avais pas du tout de peau sur la paume de ma main droite. Alors je me suis mis à casser les brindilles avec ma main gauche et mon pied gauche.

J'ai déchiré ma Mae West ( probablement un gilet qui faisait partie de l'équipement du pilote NDR) avec mon couteau et extrait quelques-unes des fibres pour allumer le feu, puis dans un court laps de temps d'ajouter des journaux.
L'état de ma main gauche attira alors mon attention, parce que bien que la paume était intacte, le dos de celle-ci était vraiment bien brûlé. Cela m'a incité à un examen plus approfondi, et j'ai réalisé que mon visage était également brûlé, mis à part le tour des yeux qui avaient été protégés par mes lunettes. Une certaine quantité semble manquer à mon oreille gauche, évidemment, là où mon casque avait été brûlant.
J'ai aussi pris conscience que ma botte droite me gênait. J'ai alors seulement constaté que mon genou saignait abondamment et que le liquide dans ma botte était du sang.
Je l'ai bandé avec mon écharpe aussi étroitement que possible.

C'est alors que j'ai entendu le bruit de quelqu'un qui s'approchait et qui appelait. Plein d'espoir je suis allé à la porte. Par chance, il s'agissait de l'opérateur radio, Cardiff. Il s'est avéré qu'après une errance près de la zone de l'accident, il avait rencontré ma piste et l'a suivie vers le bas.
Lui aussi n'avait vu aucun signe de vie en échappant de l'épave.

Il était aux environs de 23h30, nous avons donc décidé que, comme il neigeait toujours, nous ne pouvions rien faire de mieux que de rester dans la chaleur de la cabane pour la durée de la nuit au moins. Nous étions tous deux évidemment très épuisés et nous avons dormi par à-coups sur le plancher, s’entraidant, de temps en temps pour ajouter des journaux sur le feu.

Quand il fit plus clair, nous avons évalué la situation plus en détail. Cardiff avait été gravement brûlé autour des yeux et ses paupières gonflées faisaient donc qu'il ne pouvait pas les ouvrir.
En les ouvrant légèrement avec ses doigts nous avons constaté que sa vue n'a pas été endommagé, mais cela ne change pas le fait que, en fin de compte, il était temporairement aveugle.
Maintenant les dégâts de ma jambe commençaient à se faire sentir, je ne pouvais plus mettre de poids sur elle. J'ai trouvé un morceau de branche d'arbre parmi ceux qui se trouvaient dans la cabane. Il me servi comme une béquille de fortune. J'ai pensé que je pourrais maintenant bouger autour de la cabane, mais aller jusqu'à la porte et l'ouvrir a tué ce peu d'optimisme que j'avais.

Il avait cessé de neiger pendant la nuit et la visibilité était assez bonne - sauf qu'il n'y avait rien à voir. En regardant à travers la pente descendante de la montagne, je ne pouvais voir que de vastes étendues de neige, couvertes de forêts. Pas un signe de maison, pas plus de fumée révélatrice qui s’échappait, rien qu'un silence tel que je n'en avais jamais connu, avant ou connu depuis.
Nous avons ouvert nos Packs Escape ( boite de survie NDR) et déjeuné avec quelques comprimés Horlicks.

Maintenant était venu le temps de discuter sérieusement de notre situation, mais dès que nous sommes arrivés au cœur du sujet, il n'y avait plus rien à discuter. Paddy ne pouvait pas voir, et je ne pouvais pas marcher. Je pouvais gérer avec ma béquille sur un terrain plat et sans neige, mais vu le type de la pente auxquelles nous devions faire face, il en était hors de question. Nous allions devoir rester sur place.

A la faveur de la matinée il ne nous restait qu'à espérer que quelqu'un ait entendu le crash et viendrait enquêter.
Je ne pense pas que nous avions réalisé que nous nous trouvions dans un endroit si isolé. Comme nous avions soif, nous avons essayé les bouchées de neige, pour constater que cela ne nous soulageait pas du tout.
Mais à partir de la porte de la hutte je pouvais entendre le cours d'un ruisseau dans lequel un filet d'eau semblait couler. Dans le Pack Evasion se trouvait un sac étanche. Cardiff s'est aventuré, tandis que je l'orientais «à droite un peu - tout droit», jusqu'à ce qu'il arrive à la rivière pour y remplir le sac d'eau.

Avec la journée qui avançait, mes blessures ont vraiment commencé à me faire très mal, et j'ai réalisé que nous étions susceptibles de mourir là-bas. Bizarrement, j'ai trouvé que je pouvais envisager cette perspective, et je me suis installé dans une sorte de paix a démissionner et je me souviens que je n'avais pas particulièrement peur.
Je n'avais jamais eu beaucoup de conviction à l'idée d'un au-delà, et maintenant je trouvais que l'idée de l'oubli n'est pas désagréable. Toutefois, au cours de cette journée, avec des mouvements constants de la porte, dans le vain espoir de voir une certaine perspective différente, j'ai trouvé que la neige dans mon esprit devenait un ennemi direct et actif.
A ce jour, je déteste la neige, avec une intensité de sentiment qu'il est difficile de décrire, et qui va bien au-delà de la sensation normale de désagréments que la neige apporte.

La seule lumière brillante dans notre situation était qu'il y avait une abondance de journaux dans le grenier, nous étions donc au moins au chaud, ce qui, compte tenu de nos blessures, était le plus important.
Comme la journée s'étirait, nous nous sommes résignés à passer une autre nuit identique à la précédente.

Puis vint le premier rayon d'espoir. Si faiblement que nous n'étions pas sûrs, nous avons pensé que nous avons entendu des voix. J'ai attrapé ma béquille et me suis précipité vers la porte. Oui, il n'y avait aucun doute, quelque part à une certaine la distance se trouvaient d'autres êtres humains.

J'ai tiré un coup de sifflet, lequel était attaché à la boutonnière de ma veste de combat, avec tous les forces de mes poumons. J'arrachais rapidement un souffle et un autre souffle, puis, en supposant que les inconnus seraient français, j'ai crié «Au secours!" encore et encore.
Il y eu un cri qui m'a répondu mais que je ne pouvais décrypter alors j'ai continué avec des sons brefs au sifflet. Après plusieurs minutes, les ombres apparurent à travers les arbres, et une demi-douzaine de Français, des adolescents et des hommes dans la vingtaine d'années, est venue vers la cabane.

Que j'étais content de m’être spécialisé en langues modernes à l'école !
Ces gens-là ne se sont pas attardé sur notre état lamentable, et ont travaillé sur l'idée que notre but principal était de rester hors des mains des Allemands.
Ce n'est qu'après une quantité considérable de discussion que j'ai réussi à obtenir à travers à eux que nous n'étions pas en état de penser à une quelconque évasion mais que notre principale priorité était un médecin.

Une fois cela établi,ils nous ont expliqué que c'était un long chemin vers la plus proche des maisons, qu'ils devaient redescendre pour obtenir un traîneaux afin nous transporter et que cela mettrait quelque temps.
Je lui ai répondu que nous venions de passer tant de temps dans le désespoir, et que nous n'allions pas à nous inquiéter à ce sujet pour une paire d'heures supplémentaires. Alors ils sont repartis, nous laissant quelques mots d'encouragement.

A cette époque, il commençait à faire sombre, mais comme la nuit précédente, il avait une pleine lune, et ce soir, le ciel était si clair qu'il faisait presque comme en plein jour, donc nous savions qu'ils n'auraient aucune difficulté à cet égard.
Effectivement, nous avons finalement entendu leurs voix à nouveau et ils ont réapparu avec des renforts et deux traîneaux. Ils nous ont chargés, nous couvrant de couvertures et nous ont attachés solidement en place sur les traineaux.
Comme nous progressions sur les pistes, nous avons réalisé combien c'était nécessaire, pour la majorité de l'équipe de secours, de se trouver à l'arrière, accroché à des cordes pour empêcher les traîneaux de s'enfuir. Mais ils étaient évidemment habitués à ces conditions et j'ai été très content de faire confiance à leur expertise.
Après un long moment nous sommes sortis des arbres, et en bas, je pouvais voir une poignée de maisons. ( Il s'agit des maisons situées au Col des Fenesses – Ferme Jeune NDR)

Nous avons atteint la première, et nous avons réalisées qu'à l'intérieur n'étaient disposés que des matelas sur le sol. Bizarrement, il n'y avait pas de meubles dans la maison, pas de tapis sur le plancher, et les gens semblaient aller et venir comme bon leur semblait.
Quelques minutes plus tard, deux soldats allemands sont entrés dans la chambre, en passant, un m'a demandé si nous étions armés. Après l'avoir assuré que nous n'étions pas, ils sont partis comme si nous ne les intéressions pas.

Un couple des Français est sorti peu de temps avec eux et revint pour me dire qu'ils étaient allés organiser le transport pour nous amener de là. Je me souvins alors que l'évasion packs contenait de l'argent véritable français - environ £ 70 en valeur de l'anglais pendant la guerre dans chaque paquet. (Cela représentait peut être trois mois de salaire moyen à l'époque). Alors, j'ai pris les deux packs et les donna à l'un des Français, il les distribua aux gens qui étaient présents.

Finalement, les deux soldats réapparurent. Nous avons été portés jusqu'à l'extérieur et mis dans la voiture qu'ils avaient apportés. Après quelques miles nous sommes arrivés à l'édifice où le détachement local allemand était stationnée. Nous avons été portés à l'intérieur où nous attendait le médecin français de la petite ville voisine de Cornimont. ( Il s'agit du café Chevrier ( dit Noni, puis «  Chez Madelon » par la suite, situé au pied du Col des Fensses NDR ).

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vue de l ancien café CHEVRIER
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Message par yves philippe le Jeu 29 Déc 2011 - 16:59

SUITE ET FIN

Cardiff était assis dans un fauteuil lorsqu'il est entré. Le médecin l'a rapidement regardé et a alors décidé que je avais un besoin plus urgent de traitement. Ils m'avaient posé sur une table, et il a rapidement fendu mon pantalon par le bas au-dessus du genou. Il a ausculté mon genou pendant quelques secondes, puis il dit en français: «Je suis désolé mais je n'ai aucun anesthésique."

Le jeune Lieutenant Allemand, évidemment un responsable, devait comprendre le français, il traversa la pièce, tendit la main au-dessus de ma poitrine et me sourit. Je n'ai pas eu besoin de mots, et je saisis cette main que j'ai accroché de toutes mes forces tandis que le médecin commençais à travailler sur mon genou. Au moment où le médecin avait fini avec ma jambe, j'avais marqué de sang du dos de la main de cet homme avec mes ongles, mais il n'a jamais bougé jusqu'à ce que le travail soit terminé.
Le médecin a alors trouvé en plus trois coupures sur ma tête, que je n'avais même pas remarquées. Ces blessures soignées, le médecin a expliqué qu'il était préférable pour le moment de laisser les brûlures comme elles étaient.
Il m'a donné une injection à ce sujet plus tard - et a ensuite assisté à Cardiff ..
Retour dans la voiture avant un voyage qui m'a semblé interminable, mais qui n'était en fait que d' une vingtaine de miles. Là, à Epinal, se trouvait un hôpital, avec une boisson chaude, puis vers minuit, le sommeil d'épuisement dans un vrai lit.

******************************************************************************
Sur la mission proprement dite, Gordon n'en sait que tres peu de chose, seul le pilote et le navigateur étaient informés de l'objectif.
Toutefois, il pense savoir que le but de leur mission était le ravitaillement des maquis qui étaient fréquentés par Harry REE, un agent Anglais qui organisait la résistance des maquis regroupés autour de la mission Stockbroker.
ces maquis s'étendant dans la région de DIJON - SOCHAUX
pour l'instant je ne sais pas si le parachutage a eu lieu avant le crash ( probablement que oui ).
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Message par yves philippe le Jeu 29 Déc 2011 - 17:03

Gordon a eu également la gentillesse de me communiquer la collection qu'il détient composé d'élément de son avion.
On y aperçoit la croix de la résistance, frappée du V de la victoire, taillée dans un morceau de carlingue par mon oncle
laquelle lui a été transmise symboliquement dans les années 70 en guise d'amitié et de reconnaissance

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Message par yves philippe le Dim 28 Avr 2013 - 15:54

voici deux articles parus dans la presse écrite le 08 Octobre 2011 ( Edition Vosges Matin )

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Message par Fondateur le Mer 11 Mai 2016 - 16:12

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Le 5 Février 1944, crash d'un avion allié au Ménil Empty Re: Le 5 Février 1944, crash d'un avion allié au Ménil

Message par Fondateur le Mer 11 Mai 2016 - 16:13


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Le 5 Février 1944, crash d'un avion allié au Ménil Empty dévoilement d'une plaque du souvenir au Chalet du Rupt de la Sauce

Message par yves philippe le Jeu 17 Oct 2019 - 22:17

Dimanche matin après avoir rendu les honneurs devant le monument aux morts de la commune, s'est déroulée la cérémonie annuelle en mémoire des Chasseurs parachutistes qui ont participé à la libération du village à l'Automne 1944 en présence des élus locaux, des présidents d'associations patriotiques, d'une forte délégation de portes drapeaux, et des représentants du 1er Régiment de chasseurs parachutistes.

En marge de cette cérémonie, une plaque du souvenir a été dévoilée au Chalet du Rupt de la Sauce, distant de quelques centaines de mètres en aval de la stèle dévolue aux parachutistes.

Il s'agit d'une initiative de Monsieur Benoit Howson, qui tente à sauvegarder l'action de la Royal-Air-Force lors du dernier conflit mondial, avec l'engagement financier des associations UNC -AFN du Ménil, du Souvenir Français et de l'Association ARIHANE-88 ( Association de Recherches et d'investigation sur l'Histoire de l'aviation dans le Nord-Est), et le concours technique de la commune du Ménil.
Avec cette action le patrimoine local, tant culturel qu'historique vient de s'enrichir à nouveau.

A proximité du refuge forestier, une plaque bleu-roi, rappelant les événements survenus dans la nuit du 4 au 5 Février 1944 a été dévoilée. Elle informera le passant ou le passionné que ce chalet a certainement sauvé la vie de deux des sept aviateurs issus du crash de leur avion quelques centaines de mètres plus haut, victime d'une tempête de neige alors qu'ils allaient ravitailler un maquis sur la Région de Belfort.

Yves PHILIPPE, co-organisateur du projet a pris la parole en premier en soulignant l'utilité de ce lieu de mémoire.
Monsieur Benoit Howson a ensuite rappelé les faits et s'est fait le porte parole de Monsieur Gordon Hemming, l'ingénieur de vol du Short Stirling EF 469 du 196th Squadron, qui n'a pu se déplacer compte tenu de son âge. Dans ses lignes, le nonagénaire Britannique rappelle l'aide qui lui a été apportée par les gens du Ménil le lendemain de l'accident et leur montre sa reconnaissance parce que lui même et ses camarades de vol n'ont jamais été oubliés par les Guédons.

Monsieur Jean François Viry, Maire du Ménil à quant à lui rappelé l'importance du souvenir et la fragilité de la paix actuelle.

Ce rappel de l'histoire a été rehaussé par la présence de Aaron Howson 8 ans et de sa petite sœur Hannah 6 ans, tous deux venus en tenue d'aviateur de la RAF. Aaron a lu parfaitement dans la langue de Shakespeare puis dans celle de Molière un poème écrit par l'aviateur britannique, William Walker, tandis que sa jeune sœur tenait fièrement un drapeau portant les armes de la Royal Air Force.
Et comme chaque année, tous les participants à cette cérémonie se sont retrouvés ensuite à la salle de la Familiale pour prendre le verre de l'amitiés offert gracieusement par la municipalité.


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Message par yves philippe le Jeu 17 Oct 2019 - 22:30

quelques photos :

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Message par yves philippe le Jeu 17 Oct 2019 - 22:34

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Message par yves philippe le Jeu 17 Oct 2019 - 22:39

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Message par yves philippe le Jeu 17 Oct 2019 - 22:41

Le poème suivant a été écrit par Flight Lieutenant William Walker, pilote au sein du 616 Squadron lors de la bataille d’Angleterre. Le 26 aout 1940, son Spitfire fut abattu. Il dut alors sauter en parachute et il atterrît à proximité d’un banc de sable dans la Manche. Flight Lieutenant Walker est mort le 21 Octobre 2012, à l’âge de 99 ans.

Nous dédions ce poème aujourd’hui à l’équipage du Short Stirling EF469 du 196 Squadron. Honorons la mémoire du FlyingOfficer Moore, pilote, du FlyingOfficerLindley (navigateur) et du bombardier Warrant OfficerWoodruff de la Royal Canadian Air Force qui reposent au cimetière de Cornimont.

Ayons également une pensée pour les survivants Sgt Town et Sgt Bartlett, pour l’opérateur radio Sgt Cardiff et le mécanicien de bord Sgt Hemmings, encore en vie aujourd’hui.

Remember those not here today,
and those unwell or far away.
And those who never lived to see
the end of war, and victory

And every friend who passed our way,
remembered as of yesterday.
It's absent friends we miss the most.
To all let's drink a loving toast

Souvenons-nous ce jour des absents
Parfois trop loin ou bien souffrants
De ceux qui n’ont jamais pu voir
La fin de la guerre et la victoire

Tous les amis que nous nous sommes faits
Dans nos cœurs pour l’éternité
A tous ceux qui manquent à l’appel
Rendons un hommage éternel


Ne les oublions pas. Lest weforget.

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Le 5 Février 1944, crash d'un avion allié au Ménil Empty Re: Le 5 Février 1944, crash d'un avion allié au Ménil

Message par yves philippe le Jeu 17 Oct 2019 - 22:47

Monsieur le Conseiller Départemental,
M. Le Maire du Ménil,
Mesdames et Messieurs les élus et leurs représentants,
Messieurs les officiers, et représentants du 1er Régiment de Chasseurs Parachutistes,
Messieurs les représentants de la Gendarmerie et des Sapeurs-Pompiers,
Mesdames, Messieurs les présidents des associations patriotiques, et les portes drapeaux,
Mesdames, Messieurs,

Merci de votre présence aujourd’hui.

Il y a quelques mois, j’ai soumis à Gordon Hemmings, rescapé du Short Stirling EF469, aujourd’hui âgé de 96 ans, l’idée d’installer une plaque à proximité de ce chalet. L’ancien mécanicien de bord du 196 Squadron a immédiatement été très enthousiaste.

Les souvenirs de Gordon Hemmings de cette nuit de février 1944 sont toujours très clairs. La maquette et le texte qui figurent sur la plaque ont été élaborés avec lui. Trop fragile pour voyager, il regrette de ne pouvoir être avec nous aujourd’hui. Gordon a néanmoins rédigé un court texte dont je vais à présent lire la traduction.

« Nous faisions partie du No. 38 Group, qui avait été créé pour préparer le débarquement. A l’époque, nous avions interdiction de dévoiler la moindre information pendant une durée de 30 ans. Nous transportions du matériel destiné à un groupe de résistants appelé Stockbroker qui était basé dans la région de Belfort.

Je pense que nous transportions également une balise radio Eureka dans une caisse en bois que l’opérateur radio et moi étions chargés de larguer. Nous savions que nous avions dévié de notre plan de vol et étions en difficulté à cause de la neige.

Je me souviens comme si c’était hier du chalet dans lequel j’ai pris refuge la nuit du 5 février 1944. A cette époque, il était là pour sauver des vies. Tout simplement une petite pièce avec un poêle et un abondant stock de buches. Juste à côté du chalet, coulait un ruisseau.

Le courant était rapide et l’eau potable. Ce chalet m’a sans aucun doute sauvé la vie alors que descendais péniblement la montagne suite au crash de mon Short Stirling. Mes blessures saignaient, mon visage et mes mains étaient brûlées. Ce chalet a également sauvé la vie de l’opérateur radio Sgt Cardiff qui m’a bientôt rejoint.

Cependant, mon souvenir principal est celui des courageux villageois du Ménil et du Thillot qui ont marché des kilomètres et bravé la neige profonde, dans un premier temps pour nous trouver et qui ont refait le pénible voyage en apportant des luges pour nous faire descendre dans la vallée. » Merci à eux.

Merci également à toutes les personnes qui ont soutenu le projet. Merci à M. le Maire du Ménil, aux sections locales de l'UNC-AFN, et du Souvenir Français et à Yves Philippe et l'association ARIHANE-88 pour leur aide précieuse.

Nous n’oublions pas la dette que nous avons envers les aviateurs de la RAF.

“At the going down of the sun and in the morning, we will remember them.”

« Quand viendra l’heure du crépuscule et celle de l’aurore, nous nous souviendrons d’eux. »

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Message par yves philippe le Jeu 17 Oct 2019 - 22:56

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Mon grand père, Henri PHILIPPE à droite, mimant la position du Chalet du Rupt de la Sauce à l'époque du crash.
Juste à sa droite Gordon, puis Ma grand mère de substitution Cécile valence, et René Pernel, maire du Ménil en cette année 1977


Tu vois Gordon, même après toutes ces années, les Guédons ne vous ont pas oubliés


We owe you our freedom. thank you so much  Le 5 Février 1944, crash d'un avion allié au Ménil 93162   Le 5 Février 1944, crash d'un avion allié au Ménil 506839   Le 5 Février 1944, crash d'un avion allié au Ménil 506839   Le 5 Février 1944, crash d'un avion allié au Ménil 506839

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